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Actualité

 

L’Irak opte pour le fédéralisme

 

Parlement irakienIrak - Le Parlement irakien a définitivement adopté hier à Baghdad, la loi créant un Etat fédéral alors que cette réorganisation de l’Etat suscite toujours crainte et suspicion notamment au sein de la communauté sunnite.

Bien que l’option du fédéralisme ne pourra pas s’appliquer avant 18 mois, pour donner le temps de procéder parallèlement à une révision de la Constitution, le fantôme de la scission du pays plane de nouveau.

Les populations Kurdes au Nord ne cachent plus désormais leurs intentions séparatistes et le dernier épisode lié à l’emblème nationale n’en est que plus révélateur de la tendance. Du côté chiite majoritaire et ayant une revanche à prendre sur l’histoire de leur pays se dégage une véritable volonté d’hégémonie et leurs volonté de créé Etat chiite sous influence iranienne reste palpable.

En attendant ce tournant dans l’existence même de l’Etat irakien, l’invasion de l’Irak et le changement du régime politique par la puissance américaine prend un virage qui n’était pas prévu par les neoconsevateurs qui avaient tablé sur une guerre éclair et à moindre coût. Plus de 650 000 civils irakiens ont été tués depuis le début de l’occupation de leur pays en mars 2003 par l’armée américaine et ses alliés.

C’est ce qu’il ressort d’une étude de spécialistes de santé publique américains et de spécialistes de l’université de Baghdad, dans un article mis en ligne par The Lancet la célèbre revue scientifique et médicale britannique. La précédente estimation, parue dans la même revue en octobre de l’année 2004, était d’environ 100 000 morts de civils depuis l’invasion entre mars 2003 et septembre 2004. C’est dire l’installation du pays dans une spirale plus meurtrière que beaucoup de conflits classiques. Celle nouvelle estimation s’étend jusqu’à juillet 2006.

Le nombre de personnes tuées en Irak a continué à grimper de façon dangereuse, soutiennent les auteurs de l’étude. Et sur les 655 000 morts estimées, environ 601 000 sont dues à des attentats et autre tueries et massacres.

Des tirs d’armes ont provoqué la moitié environ (56%) des décès dûs à des causes violentes. D’après toujours Lancet les morts attribuables aux forces d’occupation dites de «la coalition» représenteraient 31% de cette même catégorie. Ainsi le taux de mortalité brut est passé de 5,5 pour mille habitants par an, avant l’intervention américaine, à 13,3 pour mille habitants pendant la période d’occupation. Un chiffre effarant d’autant plus que la situation en Irak n’a pas dégénéré en guerre inter-ethnique déclarée. Eventualité qui reste néanmoins toujours latente.

Pour les auteurs de l’étude, une pareille progression constitue surtout «une urgence humanitaire». En effet des taux de mortalité similaires sont peut être courants en temps de guerre, mais «la durée de ce conflit associée à l’importance de la population affectée (l’Irak compte près de 27 millions d’habitants)» classent ce conflit international comme l’un des plus meurtriers des XXème et XXIème siècles.

Par Moumene Belghoul - La Tribune

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