Palestine : Treize Palestiniens assassinés par Israël en 24 heures
Palestine - Alors que l’impasse politique perdure entre les mouvements du Hamas et du Fatah, treize civils palestiniens ont été assassinés ces dernières 24 heures par l’armée israélienne dans la bande de Ghaza. l’Etat hébreu poursuit ainsi, dans l’indifférence du Quartette international, ses assassinats enterrant de jour en jour une possibilité de retour au processus de paix.
Hier, trois membres du mouvement Hamas ont été assassinés dans un raid aérien israélien contre leur véhicule à Beit Lahya, dans le nord de Ghaza, réactivant de la sorte les assassinats ciblés. L’armée israélienne a confirmé le raid sous le prétexte éculé que le véhicule «transportait des roquettes». A l’aube, une mère de famille de 29 ans a été tuée par des tirs israéliens dans la localité de Abassane, dans le sud de la bande de Ghaza, alors qu’elle se trouvait chez elle. Et «ne transportait pas de roquettes».
La veille la soldatesque israélienne a mené un raid aérien dans cette même localité contre des civils tuant six personnes dont un enfant de 13 ans. Trois Palestiniens dont deux enfants ont péri également dans un autre raid israélien contre la maison d’un dirigeant du Hamas. Ces assassinats israéliens interviennent au moment où l’impasse politique interpalestinienne reste totale.
Les violences alimentées par un désaccord persistant sur la formation d’un gouvernement d’union nationale se poursuivent en parallèle. Vingt Palestiniens ont été blessés dans des affrontements armés entre partisans du Hamas et du Fatah à Beit Lahya. Les heurts se sont exacerbé après notamment la mort d’un responsable du Hamas tué jeudi à Ghaza par des inconnus.
Ce qui à fait monter la peur d’un cran quand à une entame de liquidation physique entre les deux principaux partis palestiniens. Le même jour, un officier des renseignements palestiniens proche de Abbas a succombé à ses blessures après des tirs d’inconnus à Ghaza.
La situation reste très tendue à Beit Lahya, où de nombreuses rues ont été bouclées par des membres armés des deux mouvements. Jeudi, quatre Palestiniens avaient été blessé à Ghaza dans l’attaque d’une radio palestinienne du syndicat des ouvriers, lié au Fatah, par des hommes armés qui ont également incendié l’édifice.
De son exil, le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, a refusé de revoir ses positions sur la question de la reconnaissance de l’Etat d’Israël, principal point d’achoppement dans les discussions entre le Fatah et le Hamas pour mettre en place le gouvernement d’union.
Refusant à juste titre de reconnaître un Etat qui le considère comme mouvement terroriste il martèlera : «le Hamas ne reconnaîtra pas Israël et ne renoncera pas à la résistance» avant d’ajouter : «Nous n’avons pas de problèmes avec le Fatah mais avec nos ennemis, Israël et l’administration américaine.» «Mettons-nous d’accord pour former un gouvernement d’union nationale basé sur un agenda palestinien et non américain», a-t-il assené apparemment à l’adresse du Fatah.
Le Hamas refuse de se plier aux pressions des occidentaux, notamment américains, qui exigent à tout gouvernement palestinien de reconnaître Israël et d’abandonner la lutte armée. Une concession de taille dans la mesure où les mêmes puissances n’exercent aucune pression sur l’Etat hébreu qui occupe illégalement les terres palestiniennes pour appliquer le plus simple des droits.
Par Moumene Belghoul - La Tribune
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