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Actualité

 

Le Conseil de sécurité impose un embargo à la Corée du Nord

 

ONU - Corée du NordONU - Les sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU sont tombées hier. Un embargo sur «les armes et matériels connexes», «les matériels liés à la technologie nucléaire ou à celle des missiles» ainsi que sur les produits de luxe, a été imposé à la Corée du Nord qui a revendiqué un essai nucléaire. Pyongyang est aussi sommé d’arrêter tout test nucléaire et doit retourner aux pourparlers à six.

Telle est la décision contenue dans la résolution 1718, adoptée à l’unanimité de ses quinze membres. Une résolution qui a été totalement rejetée par l’ambassadeur de la Corée du Nord accusant le Conseil de sécurité d’utiliser des «méthodes de gangster».

Cette résolution appelle les Etats membres à «agir dans la coopération pour assurer le respect de ces embargos, y compris en procédant à l’inspection de toute cargaison à destination ou en provenance de la Corée du Nord». Malgré la pression des Etats-Unis, depuis la revendication, le 9 octobre dernier, de la Corée du Nord d’un essai nucléaire, la Russie et la Chine ont réussi à alléger cette pression.

En cinq jours, la version originale des Etats-Unis a été adoucie pour tenir compte des réticences de la Russie et de la Chine, proche alliée de la Corée du Nord. Pour satisfaire Moscou et Pékin, Washington s’est éloigné de Tokyo qui réclamait un texte plus dur.

Le Conseil de sécurité «agit au titre du Chapitre VII» (qui permet de larges pouvoirs d’action, y compris militaires) et «prend des mesures au titre de l’article 41 du Chapitre VII». Cet article, mentionné à l’insistance de Pékin, prévoit «des mesures n’impliquant pas l’emploi de la force armée». Elles sont donc uniquement économiques ou commerciales. Le texte «condamne le test nucléaire proclamé par la Corée du Nord» et exige qu’elle «s’abstienne de tout nouvel essai nucléaire ou tir de missile balistique».

Il ne comporte pas d’embargo total sur les armes à destination de Pyongyang -Pékin s’y est opposé- mais interdit la vente de matériels spécifiques, comme les missiles, chars, navires de guerre, avions de combat et systèmes d’artillerie. Il précise aussi qu’en cas de respect de la résolution par la Corée du Nord, les sanctions pourraient être levées. Le Conseil «appelle tous les Etats à s’abstenir de tout acte qui pourrait aggraver la tension» et à privilégier la diplomatie dans leur approche de la question coréenne, un point sur lequel la Chine a insisté tout au long des négociations.

Le Conseil appelle la Corée du Nord à retourner «immédiatement et sans préconditions» aux pourparlers à six (Chine, les deux Corée, Etats-Unis, Japon, Russie), qui visent à lui faire abandonner son programme nucléaire militaire. La résolution, rédigée par les Etats-Unis, était co-parrainée par les quatorze autres membres du Conseil, le Conseil ayant voulu envoyer un signal d’unité à la Corée du Nord.

L’ambassadeur de la Corée du Nord, M. Pak, a averti que «si les Etats-Unis persistaient à accroître la pression sur la Corée du Nord, celle-ci continuera à prendre des contre-mesures physiques en considérant (ces pressions) comme une déclaration de guerre». Des menaces qui ne semblent pas toucher les Etats-Unis.

Ces derniers entendent resserrer encore l’étau financier autour de la Corée du Nord même si ce sont précisément les sanctions bancaires américaines que les dirigeants nord-coréens ont invoqué comme principale raison à leur décision de procéder à un essai nucléaire.

L’imposition, l’année dernière, de sanctions bancaires contre Pyongyang a déjà «réduit de manière significative» l’accès de la Corée du Nord au réseau bancaire mondial, selon le sous-secrétaire au Trésor américain chargé de la lutte contre le terrorisme et le renseignement, Stuart Levey.

Par B. Mokhtaria - Quotidien d'Oran

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