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Actualité

 

Corée du Nord : Pyongyang face à la sentence internationale

 

ONU Corée du nordCorée du Nord - La Chine s’est-elle ressaisie ? Après avoir surpris la communauté internationale par sa fureur diplomatique à l’égard de la Corée du Nord, Pékin semble revenir à de meilleurs sentiments en renforçant le front qu’il constitue avec la Russie.

Annoncé depuis plusieurs jours déjà, le désaveu sino-russe n’aura finalement pas eu lieu. Réunis en conclave depuis hier, les ministres des Affaires étrangères de ces deux pays sont finalement parvenus à un accord dangereusement équilibré. Non sans déplaire au régime de Kim Jong-Il qui redoutait d’affronter seul la colère internationale, Sergueï Lavrov et Li Zhaoxing ont finalement accepté de voter des sanctions contre Pyongyang, mais réfutent le volet ayant trait aux menaces militaires.

Suspendus aux termes du chapitre VII, article 41 de la Charte des Nations unies, les Nord-Coréens doivent attendre impatiemment la réunion prévue hier soir au Conseil de sécurité, et celle-ci devrait voir se dessiner un compromis de taille. Afin de s’assurer le vote de la Chine et de la Russie, les autres membres permanents du Conseil de sécurité ont décidé d’édulcorer l’article 41 en imposant seulement des mesures restrictives sans mentionner l’emploi de la force armée.

«Les sanctions ne doivent pas même contenir une suggestion d’usage de la force et ne doivent pas être dirigées contre le peuple nord-coréen […] nous et la Chine sommes d’accord pour dire que les moyens de pression par l’intermédiaire du Conseil de Sécurité de l’ONU ne doivent pas être pour une période illimitée, de façon à ce que, si la Corée du Nord revient aux négociations à six et que des progrès sont faits dans ces discussions, les sanctions qui auraient été adoptées soient automatiquement annulées», a déclaré hier le chef de la diplomatie russe en présence du conseiller d’Etat chinois Tang Jiaxuan.

Au moment où l’essai nucléaire nord-coréen se confirme de jour en jour avec la découverte de traces radioactives, c’est une autre effervescence mais en dehors du Conseil de sécurité qui prend également une grande ampleur, ce sont les Japonais et les Sud-Coréens qui en auraient fait la découverte.

Les mêmes qui mènent depuis le 10 octobre (lendemain du premier essai nucléaire nord-coréen) une vaste campagne de sensibilisation mais surtout de sanctions tous azimuts contre la désormais huitième puissance nucléaire déclarée (Israël n’ayant jamais reconnu détenir la bombe atomique). Attendue mercredi prochain dans la région, la secrétaire d’Etat américaine devrait faire le tour des capitales asiatiques engagées contre Pyongyang.

Tokyo, Séoul et Pékin devront accueillir une Condoleezza Rice plus que prudente face à la montée en puissance de la Corée du Nord, et de l’assurance que son essai nucléaire vient de lui procurer. Mais avant de se déplacer sur place, c’est le président des Etats-Unis qui marque le pas et donne un avant-goût de ce que sera la sentence américaine.

«Les pays du monde entier, y compris nos partenaires dans les discussions à six, sont d’accord sur la nécessité d’une résolution forte du Conseil de sécurité des Nations unies, qui exigera de la Corée du Nord qu’elle mette fin à ses programmes nucléaires», a affirmé hier George W. Bush dans son discours hebdomadaire à la radio.

Conscient de l’implication indispensable des Russes et des Chinois dans le processus de sanctions, le président américain veut absolument prouver aux Nord-Coréens que la communauté internationale avec à sa tête les Etats-Unis sont capables de mener tambour battant et surtout à terme ce processus. Un défi de plus pour une Administration aux abois.

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune

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