Ban Ki-moon estime que l’ONU est plus nécessaire que jamais
ONU - Elu vendredi par acclamation au sein de l’Assemblée générale des Nations unies, sur recommandation du Conseil de sécurité, le Sud-Coréen Ban Ki-moon est officiellement devenu le huitième secrétaire général de l’ONU. Son mandat de cinq ans débutera le 1er janvier prochain, soit à l’issue de la seconde mandature du Ghanéen Kofi Annan (1997-2006).
La première déclaration de Ban Ki-moon, «profondément honoré» après son élection, se veut un message fort en direction du monde entier. Devant les représentants des 192 membres de l’Assemblée générale, le successeur de Kofi Annan a assuré que l’ONU promettra moins mais accomplira plus.
«La vraie mesure du succès de l’ONU n’est pas combien elle promet, mais comment elle fournit ses services à ceux qui en ont le plus besoin», a-t-il déclaré avant d’ajouter que «l’ONU est maintenant plus nécessaire que jamais». Ses priorités ? Elles sont celles de la mandature précédente assurée par le Ghanéen Annan : lutte contre la pauvreté, le sida, la dégradation de l’environnement, le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive et la protection des droits de l’Homme.
«L’ONU doit faire moins de promesses mais avoir plus de résultats concrets», estime Ban Ki-moon pour qui la «réforme» de l’ONU s’impose. «Nous ne pouvons pas tout changer à la fois. Mais si nous choisissons sagement et si nous travaillons avec transparence, flexibilité et honnêteté, des progrès dans quelques domaines mèneront à des progrès dans beaucoup d’autres», a-t-il indiqué à ce propos.
Au chapitre des réactions, Kofi Annan a félicité son futur successeur en rappelant notamment les paroles prononcées il y a plus de 50 ans par le premier SG de l’ONU, le Norvégien Trygve Lie, à l’adresse de son successeur suédois Dag Hammarskjold: «Vous héritez de la tâche la plus difficile qui soit au monde.»
«Même si c’est peut-être vrai, je dirais: c’est aussi le meilleur métier possible», a ajouté le tout prochain prédécesseur de Ban Ki-moon. Evidemment, Séoul a salué l’arrivée du chef de sa diplomatie à la tête de l’ONU, «une source de fierté nationale et un événement très significatif qui illustre la position importante de la Corée du Sud dans le concert des nations».
Washington qui fournit le plus d’argent à l’ONU avec un financement de 22% et dont la Corée du Sud est l’un des principaux alliés, a réagi par le biais du président Bush qui relève que Ban Ki-moon arrive à la tête de l’ONU à une période de «grands défis». Toujours à propos du Sud-Coréen avec lequel elle «se réjouit de poursuivre une excellente relation de travail», la Maison- Blanche souligne, dans un communiqué, compter sur lui pour «pousser encore plus vigoureusement l’Organisation sur la voie de la réforme».
La Chine, de son côté, tout en saluant l’élection de Ban, un «honneur» partagé par l’Asie, indique qu’elle s’attachera à «soutenir» M. Ban et à se «coordonner activement» avec lui en faveur d’un «monde pacifique, prospère, et harmonieux». Le Japon a appelé à la rénovation de l’ONU pour «l’adapter au 21ème siècle».
Le chef de la diplomatie nippone, Taro Aso, suite à la victoire de la Corée du Sud, relève que «le Japon continuera à jouer un rôle important dans la réforme des Nations unies, y compris le Conseil de sécurité», au sein duquel Tokyo convoite un siège de membre permanent.
L’Union européenne, elle, s’est déclarée persuadée que les capacités de M. Ban, ainsi que son expérience et ses connaissances, lui apporteront toutes les qualifications requises pour diriger l’ONU. La Suisse, de son côté, a appelé le Sud-Coréen à «dynamiser les efforts actuels de réforme» de l’ONU.
La Confédération helvétique souligne compter sur Ban Ki-moon «pour consolider pendant son mandat le statut de la Genève internationale, siège d’importantes organisations du système de l’ONU».
Le chef de la diplomatie sud-coréenne devra ainsi changer de stature en devenant le second asiatique à occuper le poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies après le Birman U thant (1961-1971). Agé de 62 ans, Ban Ki-moon s’est posé en favori à la succession de Kofi Annan dès l’été dernier lorsqu’il avait remporté le premier des quatre votes blancs (il a également remporté les trois suivants grâce notamment à la bénédiction des «cinq grands» disposant du droit de veto) au niveau du Conseil de sécurité.
Le tout prochain SG de l’ONU est présenté comme étant un faiseur de compromis et de consensus. Il est un acharné de travail et son emploi du temps est strictement divisé en tranches de cinq minutes, rapportent les agences qui citent des diplomates de son entourage.
Déjà impliqué dans le dossier nord-coréen -il a notamment pris part à des négociations multipartites menées depuis trois ans en vue de convaincre Pyongyang de renoncer au nucléaire-, le ministre sud-coréen connaît bien la maison ONU pour y avoir exercé pendant de longues années.
Ban Ki-moon s’est déclaré prêt à se rendre à Pyongyang afin de dénouer la crise, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères. Ce père de trois enfants accorde une grande importance au développement dans le monde. Sa fille aînée travaille pour l’Unicef en Afrique.
Par Younes Hamidouche - La Tribune
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