Chirac pour un rapprochement historique entre l’Algérie et la France
Algérie - Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a reçu samedi dernier un message de son homologue français, M. Jacques Chirac, dans lequel ce dernier réaffirme son «engagement pour mener à bien le rapprochement historique entre les deux pays».
Bien que les relations algéro-françaises aient été caractérisées, ces derniers mois, par une polémique autour du passé colonial de la France en Algérie, le président français semble ne pas perdre l’espoir de voir son mandat présidentiel, qui touche à sa fin, se couronner par la signature du traité d’amitié avec l’Algérie.
«Les liens qui unissent nos deux peuples sont, à bien des titres, exceptionnels. C’est pourquoi, je partage cet engagement qui est le vôtre de mener à bien le rapprochement historique entre nos deux pays à travers la construction d’un partenariat d’exception dans l’esprit de dialogue et de coopération qui est au cœur de notre déclaration commune signée à Alger en mars 2003», écrit le président français dans son message.
Le président Chirac se réjouira, par ailleurs, des «avancées» dans le dialogue mené entre l’Union européenne et l’Algérie, en particulier depuis la tenue du premier conseil d’association. Il exprimera, à cet égard, «l’appui de la France» afin de «donner toute sa vigueur au processus de Barcelone qui vise à faire de l’espace euro-méditerranéen une zone de prospérité, de sécurité et de stabilité accrues».
Le président français a tenu, dans ce contexte, à assurer le chef de l’Etat du «respect de la France à l’égard de l’action menée par l’Algérie en faveur du développement du continent africain dont le NEPAD est un instrument essentiel». Il a considéré à ce titre que le partenariat d’exception entre l’Algérie et la France «doit être mis au service de la promotion de la paix, du développement et de la stabilité internationale».
M. Chirac profitera de cette occasion pour inviter l’Algérie à s’associer à une facilité d’achat de médicaments. Le président français a émis le souhait de voir l’Algérie s’associer à une initiative de la France sur la création d’une facilité internationale d’achat de médicaments, Unitaid, proposée par une conférence afro-africaine à Paris les 28 février et 1er mars.
Unitaid est une sorte de centrale destinée à financer l’achat en gros de médicaments pour lutter contre le sida, le paludisme et la tuberculose et inciter les laboratoires à produire des versions à usage pédiatrique.
«La présence de votre pays au lancement d’Unitaid et le soutien qu’il pourrait apporter à ce projet à cette occasion donneraient à cet événement toute l’importance politique que ces enjeux de santé publique méritent», a affirmé M. Chirac dans le même message.
Le président Chirac a souligné qu’Unitaid était «prêt à entamer ses opérations dès le mois d’octobre», précisant qu’il serait «alimenté par des financements innovants» et permettrait ainsi «d’augmenter l’offre et de faire baisser le prix des médicaments au bénéfice des populations les plus pauvres». La «facilité internationale pour l’achat de médicaments» doit être principalement financée par la taxe sur les billets d’avion que la France a commencé d’appliquer en juillet, et que 18 pays au total se sont engagés à mettre en œuvre.
Pour rappel, une quarantaine de pays ont promis de financer d’une manière ou d’une autre ce projet lancé par les présidents français Jacques Chirac et brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.
Par Ghada Hamrouche - La Tribune
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