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Actualité

 

FIFA : l'avenir du football en Algérie

 

Yahia GuidoumAlgérie - L’opinion footballistique algérienne, qui retrouve un peu de sérénité avec un semblant d’éclaircie et la résurrection de sa vitrine, l’EN, actuellement en pleine phase de reconstruction, aura l’esprit tourné aujourd’hui vers le siège de la FIFA en Suisse où se joue une partie décisive concernant son avenir sur la scène mondiale.

Après la sortie médiatique, samedi dernier, du premier responsable du sport algérien, les choses semblent vraiment très mal engagées. «Tout le monde doit se plier à la loi.»

Par cette phrase sibylline et lourde de signification balancée samedi dernier par M. Yahia Guidoum, ministre de la Jeunesse et des Sports, à l’occasion de l’inauguration du lycée sportif de Blida (une annexe du lycée de Draria), la bouclée est bouclée.

A la question relative à la mise en conformité des statuts de la Fédération algérienne de football (FAF) avec le nouveau décret régissant le sport national et, partant, de l’impasse à laquelle a abouti le bras de fer engagé à cet effet avec la tutelle, notamment en ce qui concerne la nature des relations avec l’instance suprême en charge du jeu à onze mondial, en l’occurrence la Fédération internationale de football (FIFA) dirigée par le Suisse Sepp Blatter dont on connaît l’intransigeance et le respect strict des règlements en vigueur, le MJS, qui remet à l’occasion sur le tapis l’argument de la «souveraineté nationale», dit que la question est tranchée depuis longtemps.

Revenant sur la «déliquescence qui règne au niveau de ce secteur» et qualifiant de «dérives» les «quiproquos» (les actes d’«insubordination» de certains présidents de fédérations leur ont valu une suspension pure et simple) qui font les choux gras de la presse sportive, M. Guidoum trouve ainsi «offensant» de passer à côté de l’essentiel (discuter par exemple du «respect de la loi qui pose le problème de la souveraineté») et prévient que son département ira jusqu’au bout de sa logique.

En assénant, «la loi, c’est l’Etat ; la loi, c’est la République et chacun de nous se doit de la respecter», il fait monter la pression de plusieurs crans et ferme définitivement la porte de la concertation en confirmant que la FAF s’expose, au même titre que ses homologues du Tennis, de la Boxe ou de l’Athlétisme, à la sanction suprême à la date butoir du 17 octobre.

C’est-à-dire dans un peu moins de 24 heures. Lire également la veille de la réunion de la commission des associations qui a examiné la dernière mouture des nouveaux statuts de la FAF, envoyés à la FIFA et adoptés mardi dernier lors de la session du bureau fédéral de la FAF et ce, alors que la toute puissante structure dirigée par Blatter suit de très près l’évolution de la situation au sein de la FAF dont le dossier sera à l’ordre du jour de ladite réunion au même titre qu’un certain nombre de pays sommés de mettre en conformité, avant la fin de l’année 2006, leurs statuts avec ceux de la FIFA, Avec notamment comme point nodal celui en relation avec la désignation des membres par les pouvoirs publics au sein de l’assemblée générale. Ce que la FIFA considère comme une violation flagrante de ses statuts.

La FAF, qui s’est attelée à rectifier le tir après le rejet par la FIFA de la première mouture, compte sauver les meubles avec la seconde, à l’étude par cette même commission des associations, mais est prise de court par les propos, dans le prolongement de ceux tenus dans l’hémicycle devant les députés, de M. Guidoum, samedi dernier, qui brandit à nouveau la menace de suspension si M. Hadadj et son BF ne procèdent pas d’ici demain (17 octobre) à la mise en conformité de ses statuts avec le décret 05-405.

Presque une année après avoir été sèchement rappelée à l’ordre, la FAF est à nouveau sous la menace (un joli cadeau de l’Aïd El Fitr) d’un bannissement automatique de toutes les compétitions internationales dès la semaine prochaine (au plus tard le vendredi 27), ce qui signifierait la fin de parcours pour cette prometteuse EN qui vient de raviver la flamme quant à un redéploiement enfin palpable au double plan africain et mondial, ainsi que l’élimination directe de nos représentants dans les tournois inter-clubs majeurs (MC Alger, ES Sétif et CABB Arréridj en Coupe arabe ainsi que le trio qui s’apprête à reprendre du service sur le continent dès mars prochain) et doit se préparer, à moins d’un improbable renversement de situation (par exemple, une intervention énergique des plus hautes autorités du pays) au pire, le MJS, notamment après la tenue dimanche dernier du BF de la FAF et la confirmation d’aller jusqu’au bout de son bras de fer en n’intégrant pas le giron, n’étant apparemment pas disposé à faire marche arrière.

A camper sur ses positions, ne pas céder d’un iota et se préparer, la FAF sen étant définitivement lavé les mains, à assumer seule les prolongements d’une affaire dépassant, et de très loin, le cadre sportif alors que l’Algérie officielle, qui sort à peine d’une décennie d’isolement, est en passe d’achever son retour dans le concert des nations.

Au-delà donc des susceptibilités des uns et des autres et des luttes de clans qui agitent perpétuellement le très spécial microcosme sportif national (se rappeler les historiques AG électives qui jonchent la non moins récente histoire du football algérien et les dérapages fréquents ayant naturellement entraîné une réaction énergique de la part justement d’une FIFA intraitable sur ses principes fondateurs, comme le confirme la célérité avec laquelle elle a réglé le cas de la fédération grecque (point d’argument de souveraineté de ce côté-là) et à laquelle on prête l’intention de régler une fois pour toutes un cas (ndlr, algérien) traînant en longueur et empoisonnant la vie d’un sport-roi déjà malade de sa gestion.

L’Algérie du sport, l’Algérie tout court, prise en otage, est en attente d’un signe de Zurich au terme d’un feuilleton sorti droit d’un scénario écrit par de mauvais génies. Qui en assumera les conséquences forcément désastreuses ? M. Hadadj, président de la FAF, insistait récemment sur le fait que la nouvelle législation «n’est pas en conformité avec les engagements internationaux de la FAF» et que «le droit international doit primer dans cette affaire».

Devant la fermeté du MJS et la volonté de la FAF de «privilégier ses engagements avec la FIFA à laquelle elle est affiliée», l’impasse prend l’allure d’une tragi-comédie que l’élite devra payer cash.

Il faut espérer seulement, comme le suggérait M. Berraf, président du COA, que «l’arbitrage du chef de l’Etat, M. Abdelaziz Bouteflika» viendra renvoyer tout le monde dos à dos. Dans l’intérêt de l’image du pays. Reste à savoir si le Président s’impliquera et décidera d’arbitrer ce drôle de match. Mais en vertu de quelle logique ?

Par Abdelaziz Azizi - La Tribune

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