Le Conseil de sécurité condamne à l’unanimité le test nucléaire nord-coréen
ONU - C’est avec un air dépité et certainement insouciant que le représentant permanent de la Corée du Nord à l’ONU a assisté hier à l’énoncé de la sentence du Conseil de sécurité.
Face à l’union sacrée affichée chez les quinze membres du Conseil, Pak Gil Yon prend connaissance des sanctions économiques et commerciales adoptées à l’encontre de son pays, et cela cinq jours après le fameux test nucléaire souterrain.
Fruit d’une âpre bataille diplomatique, ce vote est d’autant plus symbolique qu’il a réussi à obtenir l’approbation russe et chinoise.
Aussitôt après, et au moment où la communauté internationale se félicitait de ce consensus, Pyongyang régissait de la manière la plus attendue. «Si les Etats-Unis augmentent la pression sur la République populaire et démocratique de Corée, cette dernière continuera de prendre des contre-mesures en considérant qu’il s’agit d’une déclaration de guerre», a déclaré hier l’ambassadeur nord-coréen aux Nations unies.
Ne donnant aucun répit à sa politique d’expansionnisme nucléaire, la Corée du Nord veut ainsi montrer à ses adversaires que ni les sanctions ni les menaces ne mettraient un terme à ses ambitions. De plus, selon des experts, le régime de Kim Jong-il attendrait l’issue des élections législatives américaines prévues le 7 novembre prochain pour procéder à un deuxième test nucléaire. Enième défi à l’égard de la première puissance mondiale, qui aura été la première à saluer l’adoption de la résolution 1718.
Au lendemain de sa déclaration, dans laquelle il affirmait que les agissements nord-coréens étaient une provocation, le président des Etats-Unis se réjouit du «message unanime adressé au leader nord-coréen, Kim Jong-il», et semble dans une certaine mesure satisfait d’une petite pirouette du dirigeant communiste.
Parallèlement aux discours redondants du numéro 1 nord-coréen, une volonté tacite de reprendre le cycle des négociations a été évoquée. Selon Alexandre Alexiev, vice-ministre russe des Affaires étrangères, Pyongyang serait prêt à revenir à la table des pourparlers et reprendre langue avec les six ( Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Japon, Russie et Etats-Unis). C’est pourquoi Washington a décidé de prendre l’initiative et de répondre favorablement, mais implicitement, à la demande nord-coréenne.
Dépêché dans la région à partir d’aujourd’hui, Christopher Hill, secrétaire d’Etat adjoint chargé des affaires asiatiques et du Pacifique, tentera d’extirper Pyongyang de sa bulle et de le contraindre à négocier son renoncement à ses ambitions nucléaires. Pari difficile pour une administration qui n’a eu de cesse de vilipender le régime communiste et de le classer dans sa liste d’Etats parias. Mais, pour cela, les Américains devront compter sur l’appui des cinq autres membres du groupe chargé de mener ces négociations.
En particulier les Japonais et les Sud-Coréens. Mobilisés depuis l’annonce du test nucléaire du 9 octobre dernier, Tokyo et Séoul ont pris le taureau par les cornes et ont été à l’avant-garde des Etats impatients de sanctionner leur voisin. Quant à l’Union européenne, elle a accueilli favorablement la résolution 1718.
«Ces sanctions sont très importantes pour la crédibilité de la communauté internationale, car ce qui se passe en Corée du Nord est non seulement très mauvais et dangereux pour la région, mais aussi pour le monde», a affirmé hier le président de la Commission européenne, Jose Manuel Durrao Barroso.
Un message subliminal à l’égard d’une autre puissance asiatiques, qu'elle, affirme mordicus que la bombe atomique ne l’intéresse guère. C’est ce que disaient les dirigeants nord-coréens avant de s’engouffrer dans le club nucléaire.
Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune
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