Algérie : Animation toutes !
Algérie - Alger et les grandes villes du pays s’animent. A la faveur du mois de ramadhan, les journées mais surtout les soirées sont habillées de couleur et de musique. Au grand bonheur des citoyens en quête d’un divertissement. D’un changement. D’un plus à leur quotidien monotone, morose, routinier.
Avec bonheur et délectation, les populations se délectent avec les programmes qui sont concoctés par des organismes privés, des prestataires de spectacles publics, ou tout bonnement arpentent les grandes artères d’Alger en se désaltérant sur des terrasses de plus en plus visibles dans plusieurs endroits de la capitale.
Une capitale qui revit, revient à la vie, goûte à la paix revenue. Et quel spectacle que celui qui habite depuis l’été et particulièrement ce Ramadhan l’esplanade de la Grande Poste au centre d’Alger. Avec la foule des grands jours, à ne plus trouver place face au grand écran qui donne à voir et à regarder des films.
Et samedi dernier au soir, la Bataille d’Alger, en hommage à son auteur Gillo Pontecorvo, décédé jeudi dernier à l’âge de 87 ans. Et ce classique «algérien» garde toujours la même aura qui se transmet de génération en génération. La preuve encore ce samedi.
Qui aurait pensé un seul moment que cette animation, qui plus est nocturne, allait reprendre droit de cité avec des salles combles, des artistes venus des quatre coins du pays, en spectacle de ville en ville. Et puis ce grand monde réservant sur des semaines complètes au cirque qui a la part belle depuis bien avant le mois de jeûne. Ces khaïmas qui font veiller les noctambules autour d’un thé traditionnel. Il y a également les tréteaux qui lèvent le rideau sur des pièces théâtrales, et qui viennent de clore le Festival de la chanson chaabie.
Et pas seulement ! Puisqu’il est un autre succès : cette caravane du livre qui échoue depuis hier à Hussein Dey à l’initiative de la direction de la culture de la wilaya d’Alger qui a pour objectif d’initier et d’impulser l’amour de la lecture.
Cela nous change des «mahchachate» improvisées dans les quartiers et autres cités, autour de jus en sachet, de thermos de café et de thé accompagné de zlabia et de kalb ellouz.
Bien que ces palliatifs aient pu, à défaut de mieux, apporter la bouée de sauvetage pendant les dures années de violence à des citoyens rompus à la peur, à la mort. Aujourd’hui, cette hantise s’éclipse et laisse la place à plus de proximité par le public plus enclin aux déplacements de nuit, et, le soir après le f’tour, c’est le rush. Des images qui reviennent de loin.
Ambiance cordiale et conviviale dans les lieux publics qui renouent avec leur public, histoire d’oublier le désert culturel du reste de l’année, l’absence d’activités fréquentes au sein même des agglomérations limitrophes de la capitale.
N’étaient les cybercafés et les médiathèques, les jeunes, puisque c’est surtout cette population juvénile qui est concernée, seraient la proie des fléaux sociaux liés à la drogue ; les agressions, les vols, les crimes… quintupleraient alors ?
Par Saliha Aouès - La Tribune
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