Les industriels en Algérie réclament le renouvellement de l’équipement
Algérie - L’activité industrielle en Algérie enregistre depuis quelque temps des résultats satisfaisants comparativement aux années précédentes, et ce, malgré les insuffisances qui la caractérisent toujours.
En effet, selon une enquête récemment publiée par l’Office national des statistiques (ONS) et rapportée par l’APS, celle-ci démontre que l’activité industrielle a progressé tant pour le secteur public que pour le secteur privé durant le deuxième trimestre 2006 par rapport au trimestre précédent. L’enquête qui porte sur le type et le rythme de l’activité industrielle et non pas sur les productions a été effectuée auprès d’un panel de 780 entreprises et filiales, dont 380 publiques et 400 privées.
Le développement de l’activité pourrait être plus important si toutes les capacités des deux secteurs ont été utilisées à plein régime, «[…] 67% du potentiel de production du secteur public ont connu un taux d’utilisation des capacités de production inférieures à 75%, dont 3% inférieures à 50%, dans le secteur privé, par contre, plus de 73% du potentiel de production installé ont utilisé leurs capacités de production à plus de 50%, dont près des deux tiers à plus de 75%».
Cette situation est due à plusieurs facteurs, puisque l’enquête précise que près de 38% du potentiel de production du secteur public et 37% de celui du privé ont enregistré des pannes d’électricité, provoquant des arrêts de travail inférieurs à 6 jours pour 95% des entreprises enquêtées. Quant à l’approvisionnement en eau, 97% des chefs d’entreprise du secteur public estiment qu’il a été suffisant durant ce trimestre et 93% de ceux du privé durant ce trimestre.
Par contre, le niveau d’approvisionnement en matière première reste inférieur aux besoins exprimés, selon l’opinion des industriels des deux secteurs. A ce sujet, l’ONS précise que «36% du potentiel de production du secteur public ont enregistré des ruptures de stocks, causant des arrêts de travail de plus de 30 jours à la majorité des entreprises concernées du secteur public», toujours pour le même secteur, la demande en produits fabriqués a baissé durant ce deuxième trimestre selon les chefs des entreprises du secteur public, alors que le contraire s’est produit pour le secteur privé, ajoute la même source.
Ainsi, les prix de vente des produits finis ont continué leur tendance haussière, affirment les industriels des deux secteurs. Cette tendance n’a pas eu d’effet, sur les ventes des produits, puisque plus de 71% des chefs d’entreprise du secteur public et 66% de ceux du privé ont déclaré avoir satisfait toutes les commandes.
En outre, 67% des chefs d’entreprise du secteur public et 82% de ceux du privé déclarent avoir des stocks de produits fabriqués. 98% des chefs d’entreprise du public et 84% du privé jugent «normale» la situation des stocks de produits fabriqués.
Cette situation a apparemment favorisé l’exportation puisque, selon l’enquête de l’ONS, 37% du potentiel de production des deux secteurs ayant répondu à l’enquête ont exporté durant ce trimestre et près de 31% de ceux du privé et 19% de ceux du public déclarent «avoir des contrats d’exportation à satisfaire pour le prochain trimestre», ce qui témoigne de la bonne qualité des produits.
Le recrutement des effectifs, est l’un des sujets abordés dans cette enquête qui révèle que «les effectifs continuent leur tendance à la baisse pour le secteur public, à cause des départs à la retraite [non remplacés], et sont restés stables dans le secteur privé».
Cette situation trouve son origine dans le manque de qualification chez les jeunes diplômés, dans cette optique la même source ajoute que «quelque 40% des patrons publics et plus de 44% du privé jugent que le niveau de qualification de personnel est insuffisant. En embauchant du personnel, les entreprises ne produiront pas davantage, selon l’opinion de 12% des chefs d’entreprises du secteur public et 24% de ceux du privé».
Pour ce qui est de la trésorerie, l’enquête dévoile que celle-ci «a évolué positivement durant ce trimestre pour les deux secteurs, 69% des entreprises publiques et 87% de celles du privé ayant réalisé des bénéfices». Alors qu’elle a négativement évolué durant cette période de référence selon l’opinion de plus de 41% des chefs d’entreprise du secteur public et 29% de ceux du privé.
Environ 44% du potentiel de production du secteur public et près de 28% de celui du secteur privé ont recouru à des crédits bancaires et la majorité n’a pas trouvé de difficulté à les contracter, apparemment la mise à niveau du secteur bancaire commence à donner ses fruits.
Malgré, les nouveaux investissements enregistrés au niveau de certains industriels, l’enquête a dévoilé que «83% de la production du secteur public et 77% de celle du privé ont connu des pannes d’équipements en raison de la vétusté et du manque de pièces détachées». Ces pannes, signale la même source, ont occasionné des arrêts de travail de plus de 6 jours pour 37% des entreprises concernées des deux secteurs dont plus de la moitié à plus de 30 jours.
Toutefois, 97 % des chefs d’entreprise affirment avoir remis en marche l’équipement en panne. La mise à niveau de l’outil de travail pourrait augmenter la capacité de production, «64 % des chefs d’entreprise du secteur public et 35 % de ceux du privé déclarent pouvoir produire davantage en renouvelant l’équipement et sans embauche supplémentaire du personnel, alors que 33% des patrons publics et 23% de ceux du privé affirment pouvoir produire davantage seulement en réorganisant le processus de production sans renouvellement ni extension» précise l’enquête de l’ONS.
Par Radia Djouzi et APS - La Tribune
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