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La Corée du Nord pourrait faire exploser une seconde bombe atomique

 

Kim jung-ilCorée du Nord - Jamais, depuis la fin de leur conflit fratricide en 1953, les deux Corées n’ont été si proches de la mésentente. Déchirées sur l’autel de la guerre froide, les deux voisines d’Extrême-Orient réussirent pourtant et contre toute attente à amorcer un rapprochement augurant une possible union.

Le prix Nobel de la paix attribué en 2000 à Kim Dae-jung, alors président de la Corée du Sud, se voulait une récompense et surtout un encouragement aux efforts de ce dernier pour la réconciliation avec sa voisine communiste. Six ans plus tard, le bilan est plus qu’amer.

Les deux pays sont plus séparés que jamais, et la responsabilité est partagée. Face à l’intransigeance de l’une et à l’indifférence de l’autre, ce sont les Etats conduits par une Amérique avide de tensions dans la région qui tremblent.

Car une Corée unie brouillerait les cartes dans cette région d’Asie et provoquerait un vrai chamboulement dans l’équilibre des forces. La disparition du régime communiste de Pyongyang et son rattachement à sa voisine du sud feraient sans doute perdre aux Etats-Unis un prétexte vieux de cinquante-trois ans et qui consiste à protéger la Corée du Sud de sa dangereuse voisine boréale. Mais nous n’en sommes pas encore là, semblent dire les Américains.

Présente depuis hier dans la région, la secrétaire d’Etat américaine aura sans doute du mal à faire preuve d’impartialité et surtout à défendre les intérêts de ses alliés. Effrayés à l’idée d’être sous le joug permanent de la puissance atomique de la Corée du Nord, Séoul et Tokyo sont en état d’alerte depuis le 9 octobre dernier. Le choc suscité par le premier test nucléaire se mêle à la crainte d’un second que nombre d’observateurs qualifient d’imminent.

Au lieu de calmer ses ardeurs nucléaires, Pyongyang va jusqu’au bout de sa logique et promet même de procéder à un deuxième test. «Il est probable que la communauté scientifique nord-coréenne voudra faire un second essai», a déclaré hier Joseph Bermudez de l’hebdomadaire britannique Jane’s Defence Weekly. Pas si sûr, selon Tokyo.

A peine a-t-il pris le temps de prendre goût au fauteuil de son prédécesseur Junichiro Koïzumi que Shinzo Abe se voit confronté à sa première grande crise diplomatique. Propulsé au zénith dans les sondages d’opinion, il aura été le premier à prôner la fermeté face à la montée en puissance de la Corée du Nord. Sanctions et mises en garde en cascade n’auront pourtant pas servi à grand-chose.

Et c’est sur ce point particulier que devront se concentrer les discussions nippo-américaines. Ayant pour unique but de renforcer le front commun contre le régime de Kim Jong-il, le périple de Condoleezza Rice veut tout de même défendre un semblant de légalité. «Nous nous sommes engagés à travailler ensemble ainsi qu’avec les autres Etats en faveur de l’application rapide et de la mise en œuvre efficace de toutes les mesures de la résolution 1718», a déclaré hier la secrétaire d’Etat dans la capitale japonaise.

Après l’onde de choc provoquée par le test souterrain du 9 octobre dernier, les Etats-Unis et leurs alliés cherchent surtout à éviter une seconde démonstration de force qui pourrait confirmer la puissance de dissuasion de Pyongyang. Engagées en 2003, les discussions à six (Corée du Nord, Corée du Sud, Japon, Chine, Russie et Etats-Unis) étaient dans l’impasse bien avant le 9 octobre.

Depuis que la Corée du Nord a dévoilé au grand jour ses ambitions de puissance atomique, les Américains se sont démenés afin de la ramener à la table des négociations par alliés interposés. Mais à présent, seul le langage des sanctions reste d’actualité.

Après la kyrielle de restrictions engagées par le Japon, et la résolution 1718 adoptée le 14 octobre dernier par tous les membres du Conseil de sécurité des Nations unies, Kim Jong-il voit peu à peu l’étau se resserrer autour de lui.

Deux issues s’offrent désormais à la neuvième puissance nucléaire mondiale : abandonner son programme militaire et rentrer dans le rang comme l’ont fait beaucoup d’autres pays, ou faire valoir sa position de puissance incontournable qui pourrait être mise au service des Etats-Unis. Les exemples indien et pakistanais devraient être minutieusement médités à Pyongyang.

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune

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