Le Maroc et le Front Polisario conviés à reprendre les négociations directes
Maroc - Très attendu, le rapport du secrétaire général des Nations unies sortant, Kofi Annan, qui a été présenté mercredi dernier devant le Conseil de sécurité, a appuyé, de nouveau, le droit du peuple sahraoui à un référendum pour l’autodétermination des territoires occupés du Sahara occidental.
Tout en restant fidèle à ce principe, maintes fois défendu lors de précédentes circonstances, le rapport en question convie les deux parties en conflit, le Maroc et le Sahara occidental en l’occurrence, à reprendre «les négociations directes et sans préalables», suspendues depuis plusieurs années.
S’exprimant à ce sujet, le représentant du Front Polisario auprès de l’ONU, M. Ahmed Boukhari, a estimé, jeudi, que l’objet des négociations préconisées par M. Kofi Annan, pour régler le conflit qui les oppose «doit être l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui», rapporte l’APS, citant l’agence de presse sahraouie, SPS.
Tout en se félicitant du contenu du document onusien, le responsable sahraoui note, en particulier, le fait que celui-ci «confirme la véritable nature du conflit en tant que problème de décolonisation et établit clairement des limites aux illusions d’impliquer l’ONU dans une opération visant à légitimer son occupation coloniale de notre pays». Plus que la reprise de négociations, est-il ajouté par la même voix, il s’agit d’appliquer les accords déjà signés et acceptés par les deux parties en conflit.
Lesquels accords, est-il rappelé, prévoient l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour permettre au peuple sahraoui d’exercer librement son choix. En préconisant «une solution politique juste et permanente», le rapport de Kofi Annan est de nature à enfoncer davantage la position inconfortable du Maroc qui, pour éviter d’être à nouveau désavoué, a dépêché, à la veille de sa publication, des délégations ministérielles dans les capitales des pays membres permanents du Conseil de sécurité.
Le Maroc, rappelons-le, avait été désavoué par la 4ème commission ad hoc chargée des questions de décolonisation qui a introduit tout récemment et pour la première fois le débat sur le conflit sahraoui et soutenu le principe d’autodétermination des Sahraouis.
Tout comme le royaume a été accablé par le dernier rapport du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, établi pour la première fois également, sur la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental.
Par Mekioussa Chékir - La Tribune
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