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Actualité

 

Corée du Nord : le temps des regrets ?

 

Condoleeza RiceCorée du Nord - A Pékin, la mission de Condoleezza Rice ne s’annonce pas sous de bons auspices. Après les visites de formalité entreprises à Tokyo et à Séoul, la secrétaire d’Etat américaine devra faire face à une détermination chinoise qui consiste à ne pas appliquer à la lettre les termes de la résolution 1718.

«Nous sommes convenus qu’un éventuel deuxième essai nucléaire nord-coréen aggraverait la situation actuelle et qu’il ne doit jamais avoir lieu. Nous sommes tombés d’accord sur le fait que, si tel était le cas, cela aurait des conséquences plus graves», a déclaré Mme Rice comme pour diaboliser davantage la Corée du Nord.

Consciente de la difficulté de sa mission en Chine, Condoleeza Rice a fait le plein de soutiens et de suivisme au Japon et en Corée du Sud.

La troïka, qui a déjà réussi à obtenir l’unanimité au Conseil de sécurité en faisant condamner le test nucléaire souterrain du 9 octobre dernier, veut à présent tout faire pour infléchir la position nord-coréenne. Et la pression commence à porter ses fruits. Grâce à un chassé-croisé diplomatique digne des pires épisodes de la guerre froide, les Etats-Unis parviennent peu à peu à resserrer les rangs asiatiques et à obliger Pyongyang à reprendre le cycle des négociations.

Arrivée hier dans la capitale chinoise, la secrétaire d’Etat compte bien arracher un engagement de Pékin à appliquer la résolution 1718. Et pour cela, les Américains ont une logique. Si les Chinois ont accepté de voter des sanctions, ils devront les appliquer du moins de leur côté. Et la réponse chinoise ne pouvait être on ne peut plus claire.

Jouissant d’une parfaite dextérité diplomatique, qui quelquefois frise la faiblesse, la République populaire a un discours ficelé pour l’émissaire américaine. «La Chine souhaite travailler plus étroitement avec les parties concernées afin de sortir de l’impasse et reprendre les pourparlers à six aujourd’hui au point mort», a affirmé hier le ministre des Affaires étrangères. Ne manquant pas l’occasion d’importuner le géant américain, Li Zhaoxing poursuivra : «Nous espérons que toutes les parties concernées garderont la tête froide, adopteront une attitude prudente et responsable et maintiendront le dialogue.»

Cependant, l’information de taille n’est pas venue de Pékin, mais de Pyongyang. Selon des membres d’une délégation chinoise présente dans la capitale nord-coréenne, le leader nord-coréen aurait exprimé des regrets suite à la démonstration de force du 9 octobre dernier. Conscient du séisme politique et diplomatique que sa bombe a provoqué dans toute la région, Kim Jong-Il semble désormais résolu à retourner à la table des négociations.

«Si les Etats-Unis font un certain degré de concessions, nous en ferons également que ce soit au niveau bilatéral ou des pourparlers à Six», aurait déclaré celui qui occupe les fonctions officielles de président du Comité de la défense nationale et de secrétaire général du Parti ouvrier coréen.

Propulsé au pouvoir en 1994 après la mort de son père Kim Il-Sung, le maître de Pyongyang n’a jamais caché ses ambitions nucléaires. Révolté par une présence militaire américaine tout le long de ses frontières avec la Corée du Sud, il a fait de la bombe atomique une priorité nationale visant essentiellement à contrecarrer sa voisine australe. Mais l’heure est à la désescalade.

Tang Jiaxuan, l’émissaire chinois vient d’annoncer au monde que le leader nord-coréen l’aurait officiellement informé de son renoncement à effectuer un second test atomique. Si cette information venait à être confirmée, ce serait une mauvaise nouvelle pour l’Administration Bush. Elle qui se réjouissait d’avoir déniché un nouvel ennemi à l’approche d’échéances électorales majeures.

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune

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