Algérie : Beaucoup d’argent, peu d’investissements
Algérie - Dans le cadre de la poursuite des auditions des membres du gouvernement, le président de la République a consacré hier une séance au secteur chargé des Participations et de la Promotion des investissements. Tel que rapporté par l’APS, cette rencontre a fait surtout l’objet de constats et d’analyses de la situation économique actuelle du pays et depuis 1999.
De même qu’il a été nécessairement question des perspectives et des stratégies pour permettre au pays un véritable décollage économique. Ainsi, il a été relevé que «la nation dispose de vastes réserves d’épargne oisives» alors que l’économie nationale est appelée à réaliser un taux de croissance annuel moyen de 8%, ce qui nécessite une mobilisation de 6 milliards de dollars.
Autrement dit, beaucoup d’argent et peu d’investissements. Toute la question est donc celle de transformer «l’épargne oisive» en des investissements directs, notamment étrangers.
Première priorité pour la transformation du cadre de fonctionnement de l’économie nationale, la réforme du système financier devant permettre l’émergence d’un marché de capitaux actifs et système bancaire moderne.
Les premières prémices d’une mutation du secteur sont aujourd’hui palpables, à commencer par l’ouverture du capital d’une banque publique, le CPA Deuxième priorité économique, le marché foncier. Après la constatation d’une grande confusion dans le domaine, il a été souligné la nécessité de l’émergence d’un «marché transparent, libre mais strictement réglementé et régulé de l’intérieur».
Une confusion au plan juridique mais aussi dans la diversité des intervenants, l’opacité et la spéculation qui entachent souvent les transactions réalisées. Cependant, les travaux de recensement ont permis l’établissement d’une banque de données précises qui montre que l’offre est relativement abondante. Les terres réparties entre les différentes zones, industrielles et d’activité, totalisent un potentiel disponible de 7 757 hectares, et le foncier potentiellement mobilisable à partir des actifs (en résiduels ou excédents) des entreprises publiques, dissoutes ou en activité, est évalué à 15 516 hectares.
Quatre axes ont été dégagés pour l’émergence d’un véritable marché foncier : identification de la demande, élargissement de l’offre, instauration d’un système de prix d’équilibre et la mise en place d’un cadre institutionnel transparent et simplifié où pourraient s’exercer l’offre et la demande.
Troisième priorité pour la transformation de l’économie nationale, faire émerger un marché des biens et services concurrentiel, l’actuel étant caractérisé par une grande opacité et des pratiques déloyales où la mauvaise gestion et le manque de formation sont pointés du doigt.
Des actions sont appelées à être renforcées pour endiguer le phénomène des activités parallèles, et ce, par la protection du producteur, la structuration des espaces de marché intermédiaires, l’établissement de règles de régulation, notamment en ce qui concerne les activités d’utilité publique.
Autre volet abordé, le relèvement de la productivité des entreprises. A ce sujet, il a été relevé que l’investissement a connu un accroissement durable atteignant, en 2005, 2 255 projets d’investissements représentant un montant de 511 milliards de dinars et prévoyant la création de 78 951 emplois. Dans ce total, l’apport des IDE (investissements directs étrangers) a représenté 84 projets, dont 35 en partenariat. De janvier à août 2006, les projets d’investissements déclarés ont atteint 1 530 projets pour un montant de 292 milliards de dinars et 54 400 emplois projetés.
L’IDE a, durant la même période, représenté 50% des montants investis pour un nombre d’investissements prévus de 51, marquant par-là l’orientation vers des projets d’une envergure plus importante. C’est le secteur des industries qui se taille la part du lion avec 52% des projets, le BTPH (bâtiment, travaux publics et hydraulique) avec 22% et les services avec 20%.
La même source indique que 396 opérations d’ouverture et de partenariat ont été réalisées jusqu’alors, rapportant au Trésor public 98 milliards de dinars et permettant le maintien et/ou la création de 32 300 emplois, de faire prendre en charge 46 milliards de dinars d’endettement. Ces opérations ont aussi permis la mobilisation de 135 milliards de dinars en investissements de réhabilitation et investissements nouveaux, la récupération de 182 hectares de terres destinées à l’investissement nouveau.
Par Yasmine Ferroukhi - La Tribune
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