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Actualité

 

L’Algérie table sur un taux de croissance de 8%

 

Abdelaziz BouteflikaAlgérie - Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a consacré la journée d’hier pour auditionner les membres du gouvernement chargés du secteur de la participation et de la promotion des investissements.

Le dossier présenté au Président estime que l’économie algérienne a besoin de la mobilisation de six milliards de dollars annuellement pour atteindre un taux de croissance annuel moyen cible de 8%.

La bonne nouvelle c’est que l’Algérie, contrairement à d’autres pays, ne souffre pas d’un problème de financement, puisque l’aisance financière que connaît le pays ces dernières années en raison de la hausse du prix du baril de pétrole et l’existence d’importantes réserves d’épargne oisives permettent le financement d’un tel taux de croissance.

Mais pour cela, notre économie doit être capable de trouver des mécanismes efficaces pour transformer l’épargne oisive et mobiliser les investissements étrangers. Selon les experts, le vrai défi pour le gouvernement est d’accélérer la stratégie de croissance de l’économie nationale tout en sauvegardant la stabilité sociale et économique du pays. Un pari difficile mais pas impossible à tenir.

D’ailleurs, depuis sa venue en 1999, le Président a mis tous les moyens disponibles pour sauvegarder la stabilisation sociale à travers un double traitement, politique (Charte pour la paix et la réconciliation) et économique (Programme de soutien à la relance économique). De la même manière, la base macroéconomique a été rétablie et les équilibres de la nation ont été consolidés dans une perspective de moyen terme.

Selon les experts, les résultats sur ce plan s’apprécient à un taux de change stable, une dette largement réduite avec un service de la dette qui était en 1999 de 45 % et qui maintenant n’est que de 12 % des recettes d’exportation, la reconstitution des réserves de change et la constitution d’une réserve de stabilisation qui n’existait pas en 2000.

Concernant la transformation du cadre de fonctionnement de l’économie nationale, le rapport a insisté sur la réforme du système financier mais surtout banquier. Pour cela, le rapport recommande des transformations institutionnelles et l’ouverture du capital de certaines institutions financières, à l’exemple de l’ouverture du capital du Crédit Populaire d’Algérie (CPA).

La deuxième recommandation pour la transformation du système économique est l’instauration d’un marché du foncier transparent, libre mais strictement réglementé et régulé de l’intérieur. Le recensement du foncier a permis l’établissement d’une banque de données précises qui montrent que l’offre est relativement abondante. Les terres réparties entre les différentes zones (industrielles et d’activités) totalisent un potentiel disponible de 7.757 ha et le foncier potentiellement mobilisable à partir des actifs (en résiduels ou excédents) des entreprises publiques (dissoutes ou en activité) est évalué à 15.516 ha.

En tant qu’élément important dans la politique de promotion de l’investissement, ce dossier a fait l’objet d’un traitement prioritaire qui est à sa phase d’aboutissement.

Le troisième priorité est la nécessité de l’émergence d’un marché des biens et services concurrentiel à travers le renforcement de l’action des institutions étatiques intervenant en tant qu’autorités de contrôle ou de régulation du marché des biens et services.

En ce qui concerne le relèvement de la productivité des entreprises, le dossier précise que celle-ci est liée à une politique de promotion de l’investissement mieux ciblée, plus efficiente. L’investissement a connu un accroissement durable et a atteint en 2005, 2.255 projets d’investissements représentant un montant de 511 milliards de dinars et prévoyant la création de 78.951 emplois. Dans ce total, l’apport des IDE a représenté 84 projets dont 35 en partenariat.

De janvier à août 2006, les projets d’investissements déclarés, ont atteint 1.530 projets pour un montant de 292 milliards de dinars et 54.400 emplois projetés. L’IDE a, durant la même période, représenté 50 % des montants investis pour un nombre d’investissements prévus de 51, marquant par-là l’orientation vers des projets d’envergure plus importants. Les projets se répartissent principalement dans les secteurs des industries (52 %), du bâtiment/travaux publics/hydrauliques BTPH (22 %), les services...

Il a été surtout retenu que le partenariat est un moyen de restructuration et de préservation de l’appareil de production industrielle présentant un avantage comparatif. Aussi, selon le rapport, 396 opérations d’ouverture et de partenariat ont été réalisées jusqu’alors, rapportant au Trésor public 98 milliards de DA.

Ces opérations ont permis, en outre, le maintien et/ou la création de 32.300 emplois, de faire prendre en charge 46 milliards de DA d’endettement.

Elles ont permis la mobilisation de 135 milliards de DA en investissement de réhabilitation et investissements nouveaux, elles ont, enfin, permis la récupération de 182 ha de terres destinées à l’investissement nouveau.

Après la présentation de ce dossier, Bouteflika a assuré que «le niveau de compétitivité de l’économie et des entreprises passe par l’appropriation de la technologie et de l’innovation, ce qui rend nécessaire l’émergence d’une élite nationale faite d’ingénieurs, de scientifiques, de managers, d’économistes et de cadres de l’administration publique. Cela rend nécessaire également une capacité de travail de haute qualification.

Enfin, la formation à la gestion doit être généralisée et un réseau d’écoles de management doit être créé pour couvrir les besoins de l’économie nationale», rapporte l’APS. Il a, par ailleurs, appelé les opérateurs économiques et les partenaires sociaux à se mobiliser pour la mise en oeuvre rapide de cette stratégie et des politiques qui l’accompagnent. «L’avenir de notre économie en dépend et c’est là une bataille que notre pays doit gagner», a-t-rappelé.

Par Sofiane M. - Quotidien d'Oran

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