Algérie : Kébir relance l'alliance avec le FLN
Algérie - Mais si l’on se fie à ses propos, il semblerait que cette participation se fera sous la bannière du FLN.
Rabah Kébir change de fusil d’épaule. Après s’être rendu compte que la création de son parti ne peut se faire dans la conjoncture actuelle, il déclasse ses priorités. Il se projette dans le proche avenir politique du pays en déclarant : «Nous participerons aux prochaines élections électorales».
Cette participation, est-t-il laissé entendre au centre des discussions qu’il est en train d’avoir avec quelques chefs de partis et le président de la CNPPDDH, dont le président serait, est-il déclaré, le lien entre Kébir et le président de la République.
Ainsi dans une déclaration faite à un confrère arabophone, l’ancien dirigeant du Fis dissous, a annoncé qu’au cours de son entretien avec le SG du FLN, les deux hommes ont évoqué, entre autres sujets, celui de cette participation aux prochaines consultations électorales et surtout de la forme que cette dernière (participation) prendra.
Mais si l’on se fie à ses propos, il semblerait que cette participation se fera sous la bannière du FLN. Rabah Kébir exclut dans l’immédiat l’éventualité de la création de sa propre formation politique car, indique-t-il «les conditions ne sont pas réunies».
Ces déclarations nous replongent dans un proche passé, au début, en fait, de l’année 2006 lorsque le vendredi 24 février, Madani Mezrag accordait un entretien à la chaîne de télévision El Arabia, dans lequel il faisait part de son intention de prendre part aux joutes électorales, fixées, pour ce qui des législatives, au mois de mai 2007. Les communales sont, elles, fixées au mois d’octobre 2007.
«Nous tenterons de participer aux prochaines élections sous la coupe d’un nouveau parti que nous formerons avec une appellation autre que le Fis, mais qui comptera dans ses rangs des dirigeants du Fis», a annoncé l’ancien chef de l’AIS. De même qu’il révèlera, lors de cet entretien, l’établissement d’alliances dans la perspective des prochaines échéances. «Nous présenterons des candidats sur des listes électorales de partis politiques avec lesquels nous avons établi des alliances, surtout le FLN», a-t-il affirmé.
Le choix s’est porté sur cette formation du fait que, expliquera-t-il, «nous partageons avec lui des principes de la déclaration du 1er novembre». Contacté, Abdelaziz Belkhadem avait formellement nié l’existence de cet accord auquel a fait illussion Madani Megrag en déclarant sur nos colonnes (édition du lundi 27 février 2006)
qu’«il n’y a pas eu d’accord» et que «si tel accord avait eu lieu», il l’aurait dit. Toutefois le patron du FLN, qui, à cette époque, n’avait pas encore hérité du poste de Chef du gouvernement, avait plaidé la cause des islamistes désireux de reprendre du service et revenir à la politique en se demandant pourquoi ceux qui ne sont pas concernés par l’interdiction de l’exercice de l’activité politique comme cela est stipulé dans la charte pour la paix et la réconciliation et réaffirmé dans les textes d’application seraient-ils privés de ce droit.
Il rappellera que cette interdiction, signifiée et approuvée par le peuple, qui a plébiscité le projet de la charte en l’adoptant massivement lors du référendum du 29 septembre 2005, s’adresse «aux seuls qui sont à l’origine de la tragédie nationale» et que «les autres, rien ne les empêche d’adhérer au FLN ou dans n’importe quel mouvement politique qui existe». Belkhadem avait alors ajouté que «s’ils ont une préférence pour le FLN, c’est leur problème».
Toutefois, il prendra le soin de préciser que «pour pouvoir prétendre à figurer sur une liste de candidatures, il faut avoir à son actif un certain nombre d’années de militantisme au sein du parti» et que «ceux qui ne remplissent pas ces conditions ne sont pas éligibles».
Quant à la condition émise de demander aux postulants d’épouser le programme et les idéaux du FLN, elle n’avait pas lieu d’être, car les anciens du Fis, désireux de se recycler, avaient montré patte blanche. A la faveur des récentes déclarations de Rabah Kébir, il est clair que les propos tenus par Madani Mezrag n’avaient rien de farfelus et que l’alliance à laquelle il a fait allusion avec le FLN n’était pas une invention.
L’ancien chef de l’AIS présenté comme étant l’homme de confiance de Rabah Kébir avait parlé en connaissance de cause. En fait, et avec le recul nécessaire pour analyser cette situation, il semblerait que son tort, à ce moment-là, avait été d’ébruiter prématurément une démarche qui n’avait pas encore été totalement assumée.
Par Nadia Kerraz - Le Jour d'Algérie
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