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L’Administration Bush accablée par la situation dramatique en Irak

 

Violences en IrakIrak - La guerre de trop

Les Républicains ont-ils commis l’erreur de leur vie en choisissant George W. Bush Jr comme candidat en 1999?

Ne jouissant alors d’aucun prestige, le fils de l’ancien Président américain ne se faisait pas trop d’illusions pour succéder à des Démocrates au zénith de leur popularité.

C’est pourtant le contraire qui se produira en novembre de l’année suivante. C’est sur le fil du rasoir que le gouverneur du Texas écartera Al Gore de la course à la Maison-Blanche. Six ans et une kyrielle d’échecs plus tard, le bilan est accablant.

En particulier sur l’Irak.

Préparant sa guerre tambour battant, le président des Etats-Unis et ses collaborateurs s’étaient surpassés à inventer de toutes pièces les arguments qui allaient permettre d’envahir le pays. Le tout sans l’assentiment des Nations unies. Craignant d’être tancé, Kofi Annan avouera du bout des lèvres que cette guerre était illégale, mais c’était bien trop tard.

Après les signes d’impatience que l’opinion publique a montrées, c’est au tour de la classe politique de faire de même. Jamais, depuis l’invasion de l’Irak en mars 2003 et le discours présidentiel de fin des opérations prononcé deux mois plus tard, la situation n’a été aussi grave.

Multiplication ahurissante des attentats, bilan des victimes irakiennes dépassant les cent mille morts, selon les organisations internationales. Et par-dessus tout, le nombre effarant des victimes américaines qui choquent plus que le sang irakien qui coule à flots, quotidiennement. Avant que l’administration Bush ne décide d’attaquer l’Irak, tous les sondages avaient révélé que les Américains désapprouveraient cette intervention si le nombre de soldats tués dépassait 1 000.

Quarante-trois mois plus tard, ce sont 2 784 militaires qui ont trouvé la mort dans ce pays. Le constat d’échec est accablant. Ni l’avènement d’institutions politiques transparentes, ni les innombrables dispositifs de sécurité, ni la détermination de Nouri Al Maliki n’ont permis d’inverser la tendance. Sur le terrain, la situation dément toutes les prévisions. Le quatrième Ramadhan sous occupation aura été le plus épouvantable de tous.

Près de mille Irakiens sont morts sous les balles et les déflagrations diligentées par leurs concitoyens et les soldats étrangers. Hier encore, quatre civils ont été blessés par l’explosion d’un engin au passage d’un véhicule de police, place Beyrouth à Baghdad. Quelques heures plus tard, c’est un attentat plus grave qui emportera deux personnes et en blessera cinq autres au plus grand marché de Baghdad, le marché Chorja.

Mais ces crimes, aussi abjects les uns que les autres, semblent ne pas inquiéter outre mesure les membres de la coalition. Faisant fi de l’obsession de l’Irak à recouvrer sa souveraineté, la Grande-Bretagne ne donne aucun répit à son suivisme déconcertant.

«Les forces britanniques quitteront l’Irak lorsque le travail sera fait», a déclaré hier le ministre britannique de la Défense. Faisant l’apologie de la présence internationale dans ce pays, Des Browne tente mordicus de convaincre de la justesse de cette guerre et qu’un désengagement provoquerait une véritable guerre civile. Une stratégie de plus vers l’acceptation forcée de cette guerre et des conséquences qui en ont résulté.

Après avoir poussé Tony Blair vers une sortie programmée, le conflit irakien pourrait bien faire de même avec les Républicains. Résultat des courses : en novembre 2008, le bureau ovale pourrait alors retrouver d’anciens locataires !

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune

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