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Croissance de l'Algérie, entre ambitions et réalités

 

Fond Monétaire InternationalAlgérie - Le taux de croissance de l’économie algérienne a été, cette semaine, sujet à polémique. Les déclarations, mercredi dernier, de la délégation d’experts du Fonds monétaire international qui a séjourné à Alger depuis le 4 octobre sont venues jeter le doute sur la fiabilité des chiffres.

Les experts du FMI ont prévu un taux de croissance de 3% pour l’année 2006 contre 5,8 escomptés par le gouvernement tout en mettant en garde contre une aggravation de l’inflation suite à l’annonce des augmentations de salaire de 20%.

Deux jours après, le chef de l’Etat souligne la nécessité de réaliser, pour l’année 2007, un taux de croissance de 8%, deux ans avant l’achèvement prévu du Plan de soutien à la relance de la croissance économique 2005-2009. Un seuil pour lequel il faudra injecter six milliards de dollars annuellement dans les projets d’investissement.

Est-il possible de progresser de 2,2%, voire de 5% en une année ? Devant la diversité des chiffres, il est à se demander si en définitive ces taux, qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, traduisent réellement une amélioration du niveau de vie des citoyens, particulièrement pour ce qui concerne la création de l’emploi.

Autrement dit, si croissance il y a, à qui profite-t-elle ? Certes, des postes d’emploi ont bel et bien été créés, mais on ne saura cependant pas si ces activités ont duré un mois, une année ou six ans. Le FMI, qui critique les augmentations de salaire annoncées dernièrement, note toutefois plusieurs points positifs dans la politique du gouvernement.

Il en est ainsi des efforts accomplis en 2006 par l’Algérie en matière de réformes structurelles, de même que la réduction, dans le projet de loi de finance de 2007, de l’Impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS) de 25% à 30%, et l’introduction d’une taxe forfaitaire unique. Des éléments considérés comme de bons points pouvant encourager l’investissement et donc amener à une plus grande création d’emploi, source de croissance.

Le pacte national économique et social signé récemment est également, aux yeux du FMI, «un acquis important» pour réaliser les objectifs recherchés. Loin du labyrinthe des chiffres, le travailleur auquel on annonce des augmentations du SNMG, s’attend plutôt à des retombées réelles des nombreuses annonces, notamment par le controversé article 87 bis du code du travail.

Par Yasmine Ferroukhi - La Tribune

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