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Algérie - Greffe rénale : par quoi commencer ?

La justice en AlgérieAlgérie - Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, M. Amar Tou, a annoncé jeudi à Oued Zenati, dans la wilaya de Guelma, que «la greffe du rein sera généralisée à travers l’ensemble des centres hospitalo-universitaires (CHU) du pays».

Voilà une action qui va redonner l’espoir aux milliers de dialysés à travers le territoire national dont le nombre connaît ces dernières années de véritables coupes sombres étant dit que la transplantation rénale dans notre pays reste pour le moins aléatoire voire à ses premiers balbutiements, comme le soutiennent certains, peut-être abusivement.

Mais ces derniers n’auront pas tout à fait tort si l’on sait que les quatre centres de greffe rénale algériens implantés à Constantine, Alger, Blida et Oran ne réalisent durant l’année qu’une cinquantaine de transplantations rénales, alors que le chiffre des dialysés sur le territoire dépasse allègrement les 6.000.

Et beaucoup de spécialistes vous diront que ce n’est ni les moyens humains ni les moyens matériels qui font défaut à ces centres de greffe. Si on prend l’exemple de la clinique rénale de Daksi de Constantine qui peut d’ailleurs être élargi à ceux des trois autres villes l’on peut aisément constater que c’est plutôt une question de succession de dysfonctionnements et d’absence de véritable politique de la greffe en Algérie qui fait que ce centre d’une capacité théorique d’une trentaine de greffes par an n’en a réalisé depuis quatre années qu’une dizaine.

Intervenant lors de la visite de l’hôpital de Oued Zenati, dans la wilaya de Guelma, le ministre précisait que «des équipes de médecins ont été désignées pour prendre en charge cette opération en collaboration avec des spécialistes étrangers».

En effet, au mois de juillet dernier, Amar Tou, croit-on savoir, avait réuni des praticiens des quatre coins du pays et tout le monde tombait d’accord sur la possibilité de création de quinze centres de greffe rénale dès lors que pratiquement tous les médecins présents étaient partants.

Ce qui signifie que si le département de Amar Tou arrive à doter tous les CHU du pays d’un centre de transplantation rénale, l’Algérie se hissera au niveau d’un pays comme la France qui dispose actuellement d’une vingtaine de centres et qui pratique près de 2.000 greffes rénales par an, essentiellement à partir de cadavres.

A titre indicatif, dans l’Hexagone existe ce qui est appelé l’établissement français de greffe qui gère toute la politique mise en place pour ce type d’opération à travers les centres existants. Un simple calcul nous renseigne que chaque centre français pratique plus d’une centaine de greffes annuellement. Il faut bien dire que les quatre centres algériens sont loin de cette moyenne malgré le fait qu’il n’ont rien à envier aux Français question moyens.

Et de là, on peut réellement s’interroger sur l’ordre de priorité et les possibilités qu’aurait à offrir le ministère de la Santé aux centres déjà existants pour améliorer leurs performances avant de se lancer dans une véritable aventure, celle de créer à partir de pratiquement rien une quinzaine de nouveaux centres de greffe qui nécessitent un gros effort tant sur le plan de la formation que la dotation en matériel.

Prenons toujours l’exemple de la clinique de Daksi. Nous sommes déjà au mois d’octobre et en tout et pour tout cet EHS ne compte que trois greffes. A ce propos, il faut rappeler le feuilleton de l’année dernière dans ce même établissement dont l’activité en matière de transplantation s’est réduite à sa plus simple expression au point ou Amar Tou en début de cet année avait menacé carrément de supprimer la greffe à Constantine.

Le ministre avait, rappelons-le, pris toutes les dispositions pour régler le problème des médicaments qui était à la source de l’arrêt de la greffe à Daksi. En effet, instruction fut donnée pour enlever le monopole de livraison de médicament à la PCH. Alors que tout le monde se promettait de relancer la greffe, d’autres problèmes surgirent et de transplantation il n’en fut rien.

Il est vrai que la collaboration de spécialistes étrangers sera d’un grand apport pour la généralisation de la greffe en Algérie. Cependant, il serait pour le moins réducteur que de confiner la greffe rénale au seul acte chirurgical, comme le soulignent des spécialistes.

C’est tout un environnement qui doit être aménagé, nous disent-ils, partant du bilan jusqu’au suivi des malades qui ne sont pas à l’abri de complications. Mais qu’à cela ne tienne, en parallèle, le département de Amar Tou «oeuvre à la création d’un centre d’hémodialyse au niveau de chaque daïra» du pays pour «alléger les souffrances des malades et leur éviter les déplacements» pénibles vers les grandes villes.

Le ministre a annoncé également que son département a réservé quelque 100 millions de dinars pour la prise en charge des maladies dites «orphelines» (hépatites C et maladies rares). Amar Tou a insisté par ailleurs sur «la nécessité de donner un contenu concret à la politique de maintenance des équipements médicaux».

Il a annoncé, à ce propos, la création de nouvelles structures dans les établissements de santé pour s’occuper de la fonction de maintenance des équipements médicaux. La fonction de maintenance des équipements médicaux permet, a insisté le ministre, de comptabiliser l’acte de soin et de réduire les dépenses consacrées à l’acquisition de matériel neuf.

A titre illustratif, 30 milliards de dinars ont été consommés en 2006 pour le renouvellement des équipements médicaux dans les établissements de santé dans le pays, a-t-on indiqué.

Par Mohamed Salah Boureni - Quotidien d'Oran, le 28 octobre 2006.

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