Le Hamas et Le Fatah s’engagent à faire taire leurs différends politiques
Palestine - Gouvernement d’union nationale : le compte à rebours.
La visite de Javier Solana dans les territoires palestiniens n’aura pas été vaine. A peine avait-t-il quitté le sol ensanglanté de Palestine, que les frères ennemis se sont mis d’accord pour faire taire le langage des armes.
Exténués par un conflit politique et militaire qui n’a cessé de durer, les Palestiniens devraient accueillir avec sérénité et surtout espoir la nouvelle entente entre le Hamas et le Fatah. Une entente que beaucoup jugeaient quasi irréalisable.
Depuis les élections législatives historiques du 26 janvier dernier et la victoire du Hamas, la scène politique palestinienne a été bouleversée malgré elle. Avec ses soixante-quatorze sièges dans le Conseil législatif, le mouvement de la résistance islamique faisait figure de premier parti palestinien.
Face à lui, le Fatah accusait le coup, et refusait d’admettre sa défaite pourtant prévisible.
Faisant le dos rond à une démocratie naissante, le mouvement du président Mahmoud Abbas fera tout pour empêcher le Hamas de former un gouvernement et de s’installer au pouvoir. Pour cela, il bénéficiera d’une aide inattendue, celle de l’Etat hébreu et de la communauté internationale.
Pressions, lobbying et mises en garde allaient malmener la démocratie palestinienne et contraindre le véritable vainqueur du scrutin à s’allier avec le Fatah.
Après des mois entiers de combats souvent meurtriers, les deux grands partis palestiniens se sont une nouvelle fois accordé pour faire taire leurs divergences, du moins celles ayant trait au contrôle de la sécurité dans les territoires.
A l’issue d’une réunion capitale tenue hier à Ghaza, les représentants du Hamas et ceux du Fatah ont convenu de ne pas déployer d’hommes armés dans les rues de la bande de Ghaza afin d’éviter les affrontements.
Mais en dépit de cet accord de dernière minute, la journée d’aujourd’hui devrait être celle de tous les dangers.
«Les préparatifs entrepris par le Hamas pour faire exploser la situation hier en mobilisant son appareil militaire et sa force exécutive créent des conditions propices à un nouveau massacre sous le prétexte que le Fatah et les services de sécurité planifiaient quelque chose pour hier», a déclaré hier Maher Maqdad, porte-parole du Fatah.
Le contrôle des quartiers de Ghaza et de Ramallah constitue depuis le mois de mars dernier (formation du gouvernement) un sérieux casse-tête sécuritaire entre, d’une part, le Fatah qui ne veut pas renoncer à une autorité qu’il exerce depuis des années et, d’autre part, le Hamas qui revendique cette autorité du fait de sa légitimité populaire.
Mais loin de tous ces atermoiements liés à l’exercice du pouvoir policier, c’est sur le futur gouvernement que se concentrent actuellement les vraies tractations.
Annoncé pour septembre dernier, sa formation ne cesse de traîner sous les caprices des uns et des autres.
Selon Javier Solana, le haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère, les discussions interpalestiniennes avanceraient à grands pas, et ce, en dépit des menaces à peine voilées proférées par Abou Mazen. Le président palestinien aurait confié à l’émissaire européen qu’il
dissoudrait le gouvernement actuel si aucun accord n’était conclu entre les deux protagonistes de la crise palestinienne.
Loin de Ghaza et de Ramallah, c’est de New York que la lucidité fait parler d’elle concernant la crise palestinienne.
L’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) tire la sonnette d’alarme et avertit quant à la situation dramatique qui prévaut dans les territoires.
L’espoir suscité par l’émergence historique de la démocratie a vite laissé la place à une intransigeance de plus en plus décriée. Après l’assassinat de Yitzhak Rabin en novembre 1995, et la mort de Yasser Arafat en novembre 2004, Palestiniens et Israéliens semblent être à la recherche de ceux qui veulent vraiment croire à l’hypothétique et non moins agonisant processus de paix
Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune, le 29 octobre 2006.
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