Algérie : comment réduire la dépendance aux hydrocarbures et aux importations
Algérie - La structure du PIB et celle de la balance commerciale ont, depuis l’indépendance, constitué le casse-tête des économistes et des politiques algériens. La dépendance de l’Algérie à son pétrole et son gaz ne facilite pas l’émergence d’un secteur industriel compétitif.
Les choix opérés par les décideurs à la fin des années 1960 étaient généreux mais non compatibles avec la réalité du monde environnant. Il a suffi d’un fort retournement de tendance et de l’échec des politiques communistes à la fin des années 1980 pour que la mondialisation des marchés et les règles de l’Organisation mondiale du commerce soient les concepts les mieux partagés de par le monde.
Cette situation pousse les décideurs algériens à tenter de restructurer les industries existantes soit par la privatisation, soit par la politique dite de mise à niveau ou de certification.
Le communiqué ayant sanctionné l’audition du ministre de l’Industrie fait état des objectifs assignés à un ministère qui n’a pas réellement de pouvoir en économie de marché.
«Les objectifs stratégiques de la politique industrielle consistent à réunir les conditions nécessaires à la création d’une richesse en substitution aux hydrocarbures et à la réalisation du développement durable, préparer le secteur industriel à l’intégration dans les espaces économiques mondiaux et au renforcement de sa compétitivité, soutenir les activités industrielles dotées de capacités d’exportation et à forte valeur ajoutée, soutenir la recherche-développement-innovation dans le domaine de l’industrie, créer des synergies entre les entreprises industrielles, les universités et les centres de recherche».
Les responsables du secteur estiment que «la concrétisation de ces objectifs passe par un certain nombre de fondamentaux, à savoir le développement de pôles de compétitivité dans les filières industrielles porteuses sur la base des capacités existantes et la création de pôles dans les Hauts Plateaux, le renforcement du programme de mise à niveau des entreprises industrielles, pour améliorer les actions de compétitivité des entreprises publiques et privées, en plus de l’amélioration qualitative du dispositif».
Ces objectifs ne vaudront que si les entrepreneurs et autres investisseurs adhèrent à cette politique. Il semble que les réticences des patrons d’entreprise à adhérer aux politiques de mise à niveau et de certification soient liées au refus de voir les procès de production et la comptabilité des entreprises auscultés par des experts payés par le Trésor public.
L’industrialisation de l’Algérie a besoin aussi de découvrir ses atouts concurrentiels dans un contexte sous-régional et, par la suite, dans le cadre plus élargie de la zone de libre-échange euro-méditerranéenne. Le cas le plus typique est celui de l’industrie textile qui connaît un essor en Turquie et une stagnation au Maroc et en Tunisie mais qui risque de disparaître en Algérie.
Il est évident que la concurrence imposée par le secteur informel est l’une des armes qui a aidé à la destruction d’un secteur qui n’est pas fortement capitalistique et gros employeur de main-d’œuvre non qualifiée.
Cette réflexion peut être étendue à toutes les filières qui connaissent des difficultés.
Mais les décideurs politiques n’ont pas les moyens légaux pour obliger les uns et les autres à choisir une option qui ne les agrée pas. Le capitaliste en économie de marché ne cherche pas à être forcément un industriel mais recherche la maximisation des profits.
Une donnée qui doit être nécessairement prise en compte pour inverser la tendance à l’importation vers la production de biens et services. La seule stratégie industrielle en économie libérale est celle qui pousse les détenteurs de capitaux à choisir la production plutôt que l’importation.
Par Amine Echikr - La Tribune, le 30 octobre 2006.
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