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Algérie : Trois morts et vingt-quatre blessés dans deux attentats à Réghaïa et Dergana

Attentat à AlgerAlgérie - La capitale a tremblé dans la nuit de dimanche à hier, après les deux explosions ayant visé deux commissariats de la banlieue est faisant trois morts et plusieurs dizaines de blessés.

Deux camions remplis d’explosifs, l’un stationné à côté de l’enceinte de la BMPJ de Réghaïa et l’autre à côté de celle de la Sûreté de wilaya de Dergana, ont détruit une grande partie des deux institutions ainsi que de nombreuses maisons et locaux commerciaux limitrophes.

C’est vers 23h55 minutes que la première explosion s’est produite au niveau de la rue Allal Saïdani, en plein centre-ville de Réghaïa. La déflagration, entendue dans plusieurs autres communes d’Alger, a creusé un grand cratère dans la chaussée. Au moins sept véhicules ont été carbonisés dans l’explosion et les rideaux d’une vingtaine de locaux ont été complètement arrachés.

La détonation était tellement violente que son souffle a fait voler en éclats les vitres des maisons sur un rayon de plusieurs centaines de mètres. Deux maisons situées en face de la BMPJ étaient carrément à terre. Blessés, leurs occupants ont été évacués vers l’hôpital de Rouiba.

Selon des informations recueillies sur place, deux personnes ont trouvé la mort. La première victime serait un civil qui se trouvait devant son magasin et la seconde ne serait que le frère d’un «terroriste», connu par les services de la Sûreté de Réghaïa. Ce dernier pourrait avoir un lien avec cet attentat puisque, d’après des sources sécuritaires, «il n’a pas saigné. Cela veut dire qu’il avait bu du misk».

Selon des indiscrétions des éléments de la police scientifique, le camion de marque Daihatsu contenait des charges explosives : «Il faut faire des calculs pour connaître la quantité chargée dans le camion mais, à première vue, il a été bourré d’au moins une cinquantaine de kilos.» Au moins une trentaine de douilles ont été ramassées par les éléments de la police scientifique, ce qui renseigne sur l’accrochage qui s’est produit avec les éléments du groupe armé qui, selon des sources sécuritaires, «aurait tenté de s’introduire à l’intérieur du siège de la BMPJ, juste après la déflagration, pour voler des armes».

Une tentative qui a échoué, selon les mêmes sources. Un riverain parle également d’un accrochage dans son témoignage en précisant que «trois jeunes ont garé un gros camion devant le commissariat. Il y a eu des tirs nourris de policiers, puis les trois jeunes se sont enfuis avec une voiture qui les attendait». Plus d’une dizaine de policiers ont été blessés, à des degrés différents, et une vingtaine de blessés est enregistrée parmi les civils dans ce premier attentat.

Dix minutes après, une deuxième explosion s’est produite à haï Dergana, dans la commune de Bordj El Kiffan, où un deuxième camion rempli d’explosifs a détruit la BMPJ et plusieurs maisons limitrophes. Dans l’une de ces dernières, complètement détruite, une enseignante a trouvé la mort alors que ses deux enfants, blessés, ont été retirés des décombres par des policiers.

Selon un des policiers, présent au moment de la déflagration, beaucoup de ses collègues ont eu la vie sauve parce qu’ils avaient quitté les chambres de la BMPJ après avoir entendu première explosion de Réghaïa. Au total, sept policiers ont été légèrement blessés à Dergana. Un nombre plus important de blessés est enregistré parmi les riverains. «Tout s’est produit rapidement.

Le camion a été garé quelques minutes seulement avant son explosion derrière l’entrée principale du commissariat. Son conducteur a emprunté la ruelle parallèle pour son acheminement devant l’enceinte de la BMPJ et n’a donc pas été aperçu par les éléments de la Sûreté» dira, sous le couvert de l’anonymat un policier. Selon le communiqué de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), ces deux attentats ont causé la mort de trois personnes, dont une femme, et des blessures à 24 autres, «sans grande gravité».

«Dans chaque attentat, un véhicule piégé volé a été utilisé», a ajouté la même source, soulignant que «toutes les mesures ont été prises pour apporter l’aide et l’assistance» nécessaires aux blessés. La DGSN a affirmé qu’«aussitôt [après les explosions], une opération de recherche a été déclenchée et une enquête a été ouverte pour l’identification et l’arrestation des auteurs».

Ces deux attentats ont ravivé les craintes des citoyens et ont ouvert les portes aux plus folles rumeurs. Certains affichent leurs craintes : «J’espère que ces attentats n’annonceront pas un retour aux sombres années du terrorisme. Dieu nous en préserve.»

Rappelons que le dernier attentat à l’explosif perpétré par les terroristes encore en activité dans la périphérie de la capitale est celui du colis piégé posé à proximité de la caserne de logistique d’El Harrach.

Par Hasna Yacoub - La Tribune, le 31 octobre 2006.

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