Lula rempile pour un nouveau Brésil
Brésil - Annoncé depuis plusieurs jours déjà, le triomphe du premier président altermondialiste au monde aura finalement bien eu lieu.
Avec 60,8% des suffrages exprimés, Luiz Inacio da Silva gagne son pari et échappe à un discrédit qui lui aurait ôté toute son aura acquise il y a tout juste quatre ans.
Son outsider de centre-droit Geraldo Alckmin obtient, quant à lui, 39,2% des voix. Aussitôt les résultats annoncés, il reconnaîtra sa défaite et félicitera son adversaire.
«La victoire me comble en tant qu’homme politique parce que c’est la victoire de ceux d’en bas sur ceux d’en haut et je n’ai pas honte, je n’abandonnerai jamais le peuple», a déclaré celui dont la victoire n’était pas aussi certaine qu’il le pensait.
Accablé par des scandales à répétition, Lula ne croyait plus à une réélection après les dossiers de corruption qui n’avaient eu cesse d’entacher la fin de son premier mandat de quatre ans.
Elu en grande pompe en 2002, il avait fait de l’action sociale son cheval de bataille. Dans un Brésil aussi riche que pauvre, l’ancien métallurgiste voulait inverser la tendance et faire profiter l’ensemble de ses compatriotes de la puissance économique de ce géant aux pieds d’argile.
Et la tâche ne fut pas aussi facile qu’on le croyait. Face à la méfiance des Etats-Unis et de leurs satellites sur le continent, le Brésil a pu se donner une politique économique égalitaire et libérale à la fois. Et c’est sur ces acquis que le président sortant a pu bousculer son adversaire Geraldo Alckmin.
Ancien gouverneur de Sao Paulo, ce dernier n’a pu convaincre ses compatriotes d’adopter ses réformes aussi libérales les unes que les autres ; c’est la raison pour laquelle il a accentué ses attaques sur les scandales ayant éclaboussé les proches collaborateurs du président sortant.
Les ennuis ont commencé en septembre dernier pour le clan Lula.
La découverte par la police fédérale d’un complot visant à acheter des preuves contre l’opposition a assené un sérieux coup à la réputation de Lula. Deux membres du Parti des travailleurs (parti du Président) ont été arrêtés en flagrant délit en possession d’une mallette contenant 800 000 dollars.
Cette somme était destinée à acheter des preuves contre José Serra, ancien adversaire politique du président brésilien.
Aussitôt l’affaire révélée, Lula décide de sévir afin d’éviter d’être broyé politiquement. Il se séparera de Ricardo Berzoini, chef du parti présidentiel et futur directeur de sa campagne électorale.
«Je réaffirme que je n’ai jamais donné mon accord à aucune forme d’illégalité ou d’irrégularité concernant des questions relevant de ma responsabilité», a affirmé l’ancien bras droit de Lula avant de quitter prématurément la scène politique brésilienne. Deux autres pontes du parti présidentiel feront les frais de ce scandale.
Il s’agit de Hamilton Lacerda (responsable de la campagne électorale du candidat Aloiso Mercadante au poste de gouverneur de Sao Paulo), et de José Lorenzetti, qui faisait partie de la cellule de renseignement de la campagne de Lula.
Contraint à un second tour, le vainqueur du scrutin de dimanche devra désormais tenir compte des attentes de 190 millions de ses compatriotes et faire en sorte d’être leur meilleur défenseur. Pour cela, il ne devra pas seulement s’affirmer comme le président des pauvres contre les riches, mais comme le président de tous les Brésiliens.
Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune, le 31 octobre 2006.
Actualité en Algérie
Toute l'actualite du moment
Forum Algérie Monde - Debats et discussions sur l'Algérie et sur le Monde.