Algérie : le terrorisme est encore là
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Algérie - Il vient de nous rappeler que la vigilance est toujours de mise. La fréquence des attentats a, certes, baissé, mais ils continuent à endeuiller des familles. Les attentats à la bombe se multiplient. Après Boumerdès, Alger est à nouveau exposée.
En fait, toutes les villes d’Algérie peuvent connaître le même sort.
L’offre de paix contenue dans la Charte portant réconciliation nationale a toujours les mêmes ennemis.
Les groupes d’irréductibles ont compris qu’une Algérie apaisée et qui travaille ne peut que transformer leur rêve en cauchemar. La résistance citoyenne des années 1990 a laissé place à une agréable torpeur qui nous a fait oublier que les risques étaient toujours présents et qu’un seul terroriste pouvait occasionner des dégâts importants.
Les faiseurs d’opinions et les dirigeants politiques ont oublié que la première résistance résidait dans la condamnation des attentats. Le message a été abandonné pour une perversion des termes de la Charte portant réconciliation nationale par une mise en avant des mesures de clémence et l’oubli de l’hommage à tous ceux qui ont permis à l’Algérie de vivre et de rester une République appartenant à tous.
L’Algérie a fait ses choix au travers de différents scrutins depuis la présidentielle de 1995. Tous ont confirmé que l’Algérie ne saurait être autre chose qu’une République. Les projets des islamistes radicaux ont été rejetés et les électeurs l’ont exprimé à maintes reprises. Mais la sensation, à travers les différents discours, d’une paix éternelle et ancrée, n’est pas encore une réalité.
La vigilance reste de mise maintenant plus que jamais. Les tentations sont nombreuses et certains responsables de la tragédie algérienne sont de retour. Il est temps que les services concernés fassent appliquer, à la lettre et dans l’esprit, les interdictions contenues dans la Charte. Que les propos des dirigeants algériens soient réellement suivis d’effet. Il ne suffit plus de dire «l’Algérie ne reviendra pas aux années 1990» et laisser les uns et les autres travailler dans ce sens.
Cette activité «politique», interdite par la loi et tolérée dans les faits, ne peut que pousser au découragement de ceux qui se sont engagés «pour une Algérie libre et démocratique».
La condamnation des actes terroristes doit être mieux entendue. Elle doit l’être autant, sinon plus fort, que les appels à la repentance de terroristes qui ont juré de ne jamais se rendre et d’être fidèles à leur sinistre projet.
La stabilité institutionnelle n’est pas encore accompagnée d’un développement et d’une stabilité politico-sécuritaire. Les efforts doivent être continus pour permettre aux citoyens algériens de retrouver espoir et abandonner des chimères douces en période de disette.
Le combat contre le terrorisme doit continuer à avoir le soutien des citoyens et des politiques. Il ne peut être l’affaire des forces de sécurité seules.
Faute de condamnation claire et unanime, les terroristes continueront à croire que leur projet est toujours viable. La réalité est tout autre. Les terroristes et les réseaux qui les soutiennent doivent l’intégrer pour que ce fléau disparaisse à jamais.
Par Amine Echikr - La Tribune, le 31 octobre 2006.
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