Algérie : l'empreinte du GSPC
Algérie - Les attentats aux camions piégés perpétrés simultanément dans la nuit de dimanche à lundi contre les commissariats de police de Réghaïa et Dergana, deux localités situées dans la banlieue Est d’Alger, et qui ont fait trois morts et vingt-quatre blessés, révèlent toute l’étendue des intentions criminelles de leurs auteurs décidés, une fois de plus, à terroriser le pays et le replonger dans l’horreur des années 90.
Ces attaques interviennent quelques jours seulement après l’attentat à la bombe commis contre la cité militaire mitoyenne à la caserne de logistique située à El-Harrach.
Ces actes terroristes commis la veille du 1er Novembre, une date symbole pour le peuple algérien, est, à ne pas en douter, l’oeuvre du GSPC, l’unique organisation terroriste dont les éléments ont catégoriquement rejeté toute idée de déposer les armes et bénéficier des mesures de la charte pour la paix et la réconciliation nationale.
Confinés dans les montagnes de la Kabylie et harcelés par les forces de sécurité, les sbires de l’émir Droukdel multiplient les actions terroristes, notamment dans la wilaya de Boumerdès, afin de faire diversion et desserrer l’étau qui se referme, de plus en plus, sur eux dans cette région.
Il va sans dire que ces actes criminels ne sont pas pour rassurer les citoyens, encore moins les tranquilliser au vu des moyens utilisés par les terroristes pour commettre leur abjecte besogne. Car, et il faut le souligner, cette recrudescence d’attentats terroristes et cette hardiesse affichée par les criminels du GSPC sont inquiétantes à plus d’un titre à un moment où les Algériens croient que les folies meurtrières de la décennie noire sont révolues et que les terroristes ne disposent pas d’assez de moyens logistiques pour attaquer des commissariats de police.
A moins que ces attaques ne s’inscrivent dans une stratégie qui consiste à frapper les esprits dans la mesure où le pays a, peu ou proue retrouvé sa stabilité et par conséquence démontrer que le GSPC possède toujours les capacités humaines et logistiques pour frapper là où il veut.
Il faut admettre aussi que si jusque-là cette organisation terroriste s’est limitée à opérer dans des zones rurales où des accrochages sporadiques l’opposaient aux forces de sécurité, celle-ci tente maintenant de changer de stratégie en utilisant des explosifs dans leurs attaques contre des édifices publics.
Une stratégie qui rappelle étrangement celle adoptée par le sinistre GIA, au milieu des années 90, qui a perpétré les sanglants attentats du commissariat central, de l’aéroport Houari Boumédiène et de la maison de la presse Tahar Djaout.
Aussi, cette escalade d’actes terroristes s’inscrit certainement dans la volonté de cette organisation criminelle de passer à la vitesse supérieure et de prouver que son allégeance à El-Qaida fait d’elle un incontournable interlocuteur au Maghreb même si les observateurs de la scène sécuritaire algérienne estiment que le GSPC ne pourra pas survivre aux coups de boutoir qui lui assènent régulièrement les forces de sécurité.
Par Zoubir Khélaifa - Quotidien d'Oran, le 31 octobre 2006.
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