L’indépendance de l’Algérie est incomplète sans la construction d’un Etat démocratique
Algérie - Premier thème du café littéraire organisé dans le cadre du 11ème Salon international du livre d’Alger, tenu du 30 octobre au 10 novembre, au palais des Expositions des Pins Maritimes, le déclenchement de la Révolution algérienne 1954-1962 était abordé hier par un acteur de l’événement, et non des moindres, Abdelhamid Mehri qui a évoqué succinctement, le temps oblige, les différentes étapes du parcours de la guerre de libération nationale.
Le conférencier commence son intervention par un rappel des trois objectifs de la Révolution algérienne, arrêtés dans le communiqué du 1er Novembre 1954 : «Vaincre le pouvoir colonial et obtenir la libération de la patrie Algérie, construire un Etat démocratique et social basé sur notre religion, l’Islam et enfin, réaliser l’union du Maghreb arabe.»
«Nous avons réalisé le premier objectif, les deux autres pas encore. Nous sommes toujours au stade des expériences. Tout cela, parce que nous n’arrivons pas à transcender nos différends… Nous avons réussi à libérer le pays parce que tout le peuple algérien y a participé. Il était comme un seul homme. Maintenant qu’il s’agit de construire l’Etat, les uns travaillent contre les autres. Les uns refusent les autres.
C’est la politique du tri et l’exclusion», déclare M. Mehri. «L’indépendance de notre pays reste incomplète sans la construction d’un Etat démocratique et social, basé sur les principes de l’Islam. Nous devons transcender nos différends et arriver à un consensus», affirme-t-il. Le conférencier estime que «l’histoire de l’Algérie est un livre de grand volume auquel manquent toutefois de nombreuses pages.
Des parts de notre histoire demeurent cachées aux générations présentes et futures. On cache aussi les erreurs au lieu de s’en servir pour les éviter à l’avenir. Nous avons pourtant une histoire dont nous devons être fiers», ajoutera-t-il. Quelles sont ces parties cachées de l’histoire ?
«Difficile de les citer», répond M. Mehri, non sans poursuivre : «De façon général, on n’a pas donné l’importance qu’il faut à l’écriture de l’histoire ni à la liberté nécessaire aux historiens pour qu’ils fassent leur travail convenablement.» L’enseignement de l’histoire de l’Algérie dans les écoles enregistre également des lacunes : «il y a beaucoup de manques. Il faut donner de l’importance aux programmes d’histoire.
Laissez les vrais historiens se charger de l’élaboration des programmes !» revendique-t-il. Présent à la rencontre, le directeur général des archives nationales, Abdelmadjid Chikhi, estime, pour sa part, que l’enseignement de l’histoire ne pose pas problème au niveau des enseignants mais au niveau des historiens participant à l’élaboration des programmes et qui «sont divisés sur les concepts.
Chacun traite l’événement selon sa propre lecture. Je donne l’exemple de la présence ottomane en Algérie. Certains la qualifient de colonialisme et d’autres d’Etat-nation. Il faut un minimum d’entente sur ces questions…».
Par Karima Mokrani - La Tribune 1er novembre 2006.
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