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Liban : bataille pour l’avenir

Ehud OlmertLiban - Israël va mal. Depuis la visite de Ariel Sharon à l’esplanade des Mosquées le 25 septembre 2000 et le déclenchement de la seconde Intifadha, la multiplication d’événements dramatiques a précipité toute la région dans le chaos.

Premier responsable de la poudrière au Moyen-Orient, l’Etat hébreu fait aujourd’hui les frais de sa politique insensée, et se voit confronté à une crise sans précédent. Propulsé malgré lui à la tête du gouvernement israélien en janvier dernier, Ehud Olmert pensait être à la hauteur de son mentor toujours dans un coma profond.

Mais la tâche n’aura pas été aussi facile qu’il le croyait. Intronisé chef de guerre contre un Hezbollah inébranlable, le chef de Kadima multipliera les revers aussi bien politiques que militaires. Responsable avec son gouvernement de l’anéantissement du mythe de l’invincibilité israélienne, il tente tant bien que mal aujourd’hui de se maintenir au pouvoir et de justifier ses actions.

C’est la raison pour laquelle il se tourne aujourd’hui vers le grand allié transatlantique. A la recherche d’appuis diplomatique et militaire, le chef du gouvernement israélien devra se rendre aux Etats-Unis vers la mi-novembre pour s’assurer du soutien indéfectible d’un George W. Bush aussi mal au point que lui.

Plan de retrait unilatéral de Cisjordanie, démantèlement des colonies sauvages et situation au Liban devraient être les thèmes abordés par les deux alliés. «Il est clair qu’il ne faut pas laisser un vide se créer, Israël doit prendre des initiatives, et j’espère que le Premier ministre ira avec plusieurs idées à Washington», a déclaré hier Shimon Peres, comme pour confirmer la perte de repères au sein de la classe dirigeante de son pays.

Un égarement politique dont la guerre du Liban est la grande cause. Déclenché dans la précipitation, ce conflit avait déchiré le Liban durant trente-quatre jours et mis à nu une armée israélienne aujourd’hui aux abois. Près de trois mois après le cessez-le-feu du 14 août, l’espace aérien libanais est encore régulièrement violé par des chasseurs bombardiers israéliens.

Hier matin, et comme pour revenir sur les lieux de ses précédents crimes, un nombre indéterminé de F-16 ont volé à basse altitude au-dessus de la capitale Beyrouth. Il en est de même dans le sud du pays où cinq appareils ont survolé Tyr et ses environs. Concernant l’énorme chantier de reconstruction engagé au Liban, la conférence internationale prévue à ce sujet et annoncée en octobre dernier par Beyrouth a de nouveau été reportée.

Programmée pour le 15 janvier prochain en France, cette rencontre chère aux Libanais devra s’ouvrir dix jours après la date retenue initialement. Absolument décisive, cette grand-messe des bailleurs de fonds devra se pencher sur une œuvre de destruction inouïe qu’a vécue le pays du Cèdre du 12 juillet au 14 août derniers.

Estimé à environ 20 milliards de dollars, les pertes enregistrées durant ce conflit avaient bouleversé la communauté internationale. Aussitôt les armes tues, un certain nombre de pays arabes et européens avaient pris l’initiative d’aider le gouvernement de Fouad Siniora à récolter les fonds nécessaires pour remettre sur pied le pays dévasté.

Mais les problèmes de logistique et les obstacles posés par Israël avaient retardé l’acheminement des aides humanitaires et financières au Liban. Quatre-vingts jours après la fin de la guerre, le Liban reste livré à lui-même dans l’attente que la sollicitude internationale se transforme en actions concrètes.

D’ici là, les Libanais continueront à compter sur eux-mêmes, comme ils le font depuis qu’ils ont appris à compter leurs vrais amis.

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune, 1er novembre 2006.

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