Vent de colère au Pakistan
Pakistan - Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées hier dans la zone tribale pakistanaise pour manifester leur colère contre les Etats-Unis et l’armée pakistanaise au lendemain d’un raid contre une madrasa (école coranique) qui a tué quelque 80 militants islamistes présumés.
«Mort à l’Amérique», «mort à Bush», «mort à Musharraf», ont lancé les quelque 10 000 manifestants réunis à Khar, la principale localité du district de Bajaur, à 200 km au nord-ouest d’Islamabad et à quelques kilomètres de la frontière afghane.
«Arrêtez de tuer des innocents», clamaient les manifestants -tous des hommes, souvent armés comme le veut la tradition dans la zone tribale- affirmant que les victimes de l’attaque, menée par des hélicoptères de combat et des «armes de précision», selon l’armée pakistanaise, étaient de simples étudiants.
Selon des habitants de la zone cités par les médias locaux, l’attaque aurait été menée d’abord par des avions sans pilote, puis par des hélicoptères. Divers responsables islamistes ont attribué la responsabilité du raid aux Etats-Unis. «Ce sont les Américains qui ont tiré des missiles sur la madrasa et ensuite des hélicoptères pakistanais sont venus pour couvrir la responsabilité des Américains», a affirmé à un élu local.
«J’habite à un kilomètre de la madrasa et j’ai tout vu», a affirmé le député qui a assuré avoir démissionné de son poste en signe de protestation.
En janvier, Islamabad avait protesté auprès de Washington à la suite d’une attaque aux missiles, attribuée aux Américains, qui avait tué une vingtaine de civils dans ce même district de Bajaur, à quelques kilomètres de la madrasa visée lundi.
Les routes d’accès à Khar ont été fermées aux étrangers au district et notamment aux journalistes. La coalition islamiste Muttahida Majliss-e-Amal (MMA), principale force d’opposition nationale et au pouvoir dans la province dont dépend la zone tribale, a appelé à une journée de manifestations pacifiques pour protester contre le raid.
La situation à Peshawar, capitale de la province, où des manifestations étaient prévues, a conduit le prince Charles, héritier de la couronne britannique, à annuler une visite qu’il avait prévue d’y faire hier.
Arrivé dimanche pour sa première visite au Pakistan, le prince de Galles, accompagné de son épouse Camilla Parker Bowles, a annulé cette visite à Peshawar sur le conseil des autorités pakistanaises, a indiqué l’ambassade britannique.
Le prince Charles et son épouse ont rencontré hier des étudiantes d’une université de la banlieue d’Islamabad, après avoir annulé une visite dans le nord-ouest du Pakistan pour des raisons de sécurité, a indiqué l’ambassade britannique.
L’héritier de la couronne britannique, qui effectue sa première visite au Pakistan, s’est déclaré «déçu» de n’avoir pu se rendre à Peshawar où il devait notamment visiter une madrasa.
Sa visite dans la grande ville du nord-ouest du pays a été annulée à la dernière minute en raison des manifestations qui ont éclaté après l’attaque de lundi.
Par Agences - La Tribune, 1er novembre 2006.
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