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Algérie : Belkhadem favorable à un régime présidentiel

Abdelaziz BelkhademAlgérie - Le chef du gouvernement a insisté hier sur la nécessité de réviser la Constitution, et souligné en outre l’importance de lutter contre la corruption à travers la réactivation des mécanismes de contrôle, IGF, cour des comptes, contrôle judiciaire et politique, etc.

Pour le chef de l’Exécutif, qui était l’invité de l’émission «Tahaoulat» de la radio nationale, la révision constitutionnelle est nécessaire afin de clarifier la nature du régime en Algérie, entre le présidentiel, semi- présidentiel ou parlementaire. En expliquant que dans le régime présidentiel, l’Exécutif doit avoir un seul responsable : le président de la République, même avec la présence d’un chef du gouvernement.

Il faut lever l’opacité qui caractérise le régime actuel, affirme-t-il, en expliquant que le chef du gouvernement préside le conseil du gouvernement, et le président de la République préside le Conseil des ministres. En relevant que l’un et l’autre signent des décrets, le chef de l’Exécutif notera un certain «partage ou dualité» du pouvoir. Rappelant ses positions antérieures, M. Belkhadem arborera la casquette du S.G. du FLN afin de réitérer sa préférence pour un régime présidentiel aux prérogatives claires.

Après avoir passé en revue les dossiers prioritaires de son gouvernement, notamment, le redressement de l’économie nationale qui se poursuit à un rythme soutenu, l’amélioration des conditions de vie des citoyens, et l’accumulation des richesses nationales qui doit, quant à elle, se poursuivre pour être reparties équitablement, les questions de comme M. Belkhadem a expliqué que pour a insisté indiqué que la série des d’auditions menées par le président de la République, en tant que chef du pouvoir Exécutif, est destinée à s’enquérir dans les détails de chaque secteur.

Car, ajoute-t-il le Conseil des ministres quelle que soit sa durée ne peut permettre d’aborder dans les détails la situation de chaque secteur, en rappelant que le Conseil des ministres peut englober jusqu’à 35 ministres. D’où la décision du président de la République, d’auditionner chaque ministre, pour connaître l’état d’avancement des projets, et prendre les mesures nécessaires.

Abdelaziz Belkhadem a estimé que ces auditions constituent l’une des priorités du président de la République, qui a retardé le chantier de la révision de la Constitution, en décidant de donner la priorité aux programmes d’urgence, avant toute action institutionnelle.

«Ce délai peut être très court», a-t-il affirmé. En réponse à une question dans ce sens, il a rappelé que le président de la République détient les prérogatives de procéder au changement ou remaniement gouvernemental, avant de souligner l’importance de faire participer les citoyens aux prochaines échéances électorales. «Que cela soit lors des élections législatives ou communales prochaines, nous ferons en sorte que partis et candidats soient présents a toutes les étapes de l’opération électorale, dépouillement, contrôle des urnes», a affirmé Belkhadem avant d’ajouter que «chaque parti et chaque candidat présent sur une liste électorale peut être présent.

En élargissant la présence, tout le monde peut contribuer à cette activité politique et avoir conscience de son importance», dira-t-il en outre. Dressant un bilan positif de la réconciliation nationale, le chef du gouvernement dira que malgré les quelques drames dont on entend parler comme des assassinats et des bombes, la situation s’est globalement améliorée par rapport a ce qu’on vivait durant les années précédentes.

Il a attribué cela, à la volonté de faire face à tout ce qui touche aux citoyens et à ses biens, à l’adoption de la réconciliation nationale qui a abouti à l’amenuisement des foyers de troubles. Au sujet des délais d’application de la réconciliation nationale, M. Belkhadem a estimé qu’il s’agit d’une morale et d’une philosophie qui ne peut être confinée dans un délai précis».

Aussi, la question du retour des dirigeants du parti dissous, doit être appréhendée dans son cadre juridique, a-t-il laissé entendre. «Pour ceux qui ne sont pas poursuivis par la justice, ils peuvent sortir et rentrer au pays comme ils le veulent. Alors que d’autres ont bénéficié de la Charte de la paix et la réconciliation nationale. Tous ceux qui entrent dans le cadre de cette loi, ont les mêmes droits que les autres citoyens», a ajouté M. Belkahdem.

Interrogé au sujet des scandales financiers, il a affirmé que «c’est un signe de bonne santé, que ces affaires ne soient pas étouffées comme par le passé, et qu’il n’ y ait personne pour les étouffer». Dans le cadre de la transparence, il est nécessaire que le peuple soit renseigné sur la manière dont sont gérés les deniers publics, dira-t-il encore, et pour ce faire, «nous sommes en train de réactiver les mécanismes de contrôle comme l’IGF, la cour des comptes, le contrôle judiciaire, policier et politique», indiquera en outre Belkhadem.

«Nous ne voulons pas engager des batailles, mais des actions pour assurer la bonne gouvernance, a poursuivi l’interviewé, pour révéler, également que ses services ont «parachevé tous les textes nécessaires à la lutte contre la corruption. L’affaire Khalifa est entre les mains des juges d’instruction, a-t-il affirmé en ajoutant que, la question est tellement complexe qu’il faudra du temps pour établir les vérités sur lesquelles seront basées les jugements».

Ainsi, en est-il de la multiplication des crimes et du banditisme pour lesquelles ont été réservées trois réunions interministérielles, pour la prise de mesures y afférentes. Mis a part le recours à des pièces d’identité infalsifiables, (passeports, cartes d’identité et permis de conduire), il a été décidé de renforcer le nombre de policiers et de les doter des outils nécessaires et l’étude du projet de police de proximité.

En appelant à mettre à profit l’embellie financière pour encourager la production nationale et l’investissement, il a informé de la décision de créer une agence foncière devant servir de guichet unique en matière de gestion du foncier industriel. Enfin, le chef du gouvernement a fait part des distorsions entre le SNMG et les grilles salariales, pour indiquer la décision de résoudre cette question par des textes de loi en élaborant une nouvelle grille nationale des salaires.

Par Amar Rafa - La Tribune, 1er novembre 2006.

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