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La Corée du Nord prête à reprendre les négociations à six

Kim jong-ilCorée du Nord - Durant vingt-cinq jours, la communauté internationale aura été tenue en haleine par une Corée du Nord intraitable. Depuis l’essai nucléaire souterrain du 9 octobre dernier, l’agitation, la peur et l’appréhension ont fait de tout l’Extrême-Orient une zone de haute tension.

Une tension qui a baissé d’un cran hier. Après avoir simulé sa volonté de procéder à un deuxième test nucléaire, le régime de Kim Jong-Il a finalement fait marche arrière et se déclare disposé à entrer dans un cycle de négociations.

Fruit d’une offensive diplomatique ardemment menée par le Japon et la Corée du Sud, cette pirouette nord-coréenne s’explique aussi par la mise en garde russo-chinoise adressée à Pyongyang. Contrariées par le geste unilatéral de leur allié dans la péninsule coréenne, la Russie et la Chine n’ont guère apprécié que le club très fermé des puissances nucléaires vive une entrée par effraction et, de surcroît, sans qu’elles en soient informées.

La machine allait plus tard s’emballer et le Conseil de sécurité adopter une résolution condamnant en bonne et due forme l’acte de défiance de Kim Jong-Il. Sous le numéro 1718, cette résolution votée à l’unanimité, le 14 octobre dernier, allait prouver à Pyongyang que les menaces internationales à son encontre n’était pas que des coups d’épée dans l’eau.

Restrictions économiques et commerciales suivies par une intransigeance japonaise allaient contraindre le régime communiste à infléchir sa position et suivre le chemin de la raison. Et le résultat ne s’est pas fait attendre. Le gouvernement nord-coréen a annoncé qu’il était prêt à se rasseoir à la table des pourparlers multilatéraux.

Engagés en 2003, ces pourparlers réunissent six Etats concernés de près ou de loin par la crise coréenne, la Corée du Nord, la Corée du Sud, la Chine, le Japon, la Russie et les Etats-Unis. «La République populaire démocratique de Corée du Nord a décidé de retourner à la table des négociations à six à condition que la question de la levée des sanctions financières soit discutée et résolue entre la Corée du Nord et les Etats-Unis dans le cadre des pourparlers à six», pouvait-on lire hier dans le communiqué laconique du ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

Défendant coûte que coûte l’idée selon laquelle les Etats-Unis seraient derrière cette campagne internationale contre elle, la Corée du Nord tient à un engagement américain de mettre fin aux sanctions votées à l’ONU. Aussitôt annoncée, la décision de Pyongyang a fait l’effet d’une bombe. La première capitale à se réjouir de cette annonce était évidemment Séoul.

«On peut percevoir cette décision comme un signe de changement d’attitude du Nord», a déclaré hier Han Myeong Sook, Premier ministre de la Corée du Sud. Quant à Tokyo, les doutes persistent sur les bonnes intentions de la désormais huitième puissance atomique déclarée. «Nous ne pouvons accueillir la reprise des pourparlers à six, les bras ouverts. Nous allons continuer à appliquer les sanctions», a rétorqué hier Taro Aso, l’irréductible chef de la diplomatie japonaise.

Porte-drapeau des pays radicalement opposés aux ambitions nucléaires de la Corée du Nord, le Japon maintient le cap et refuse de courber l’échine. Encore traumatisé par l’horreur de Hiroshima et de Nagasaki, l’Empire nippon songerait même à se doter de l’arme nucléaire si les menaces à son encontre se concrétisaient. Au même moment à Séoul, le pays se donnait un nouveau ministre des Affaires étrangères.

Appelé à diriger le Secrétariat général de l’ONU dès le 1er janvier 2007, Ban Ki Moon a cédé hier sa place à Song Min Soon. Le nouveau chef de la diplomatie sud-coréenne a été par le passé le représentant de son pays aux négociations à six avant d’être nommé conseiller à la sécurité du président Roh Moo Hyun.

De l’Extrême-Orient, l’animosité à l’égard de la Corée du Nord devrait, sans surprise, être transposée au cœur même des Nations unies. Les Américains ne pouvaient pas rêver mieux.

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune, le 2 novembre 2006.

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