Participation de l’Algérie au sommet euro-méditerranéen sur l’investissement
Algérie - Un sommet euro-méditerranéen sur l’investissement est prévu le 21 novembre prochain à Marseille (sud de la France).
Sous le thème «Risques et opportunités d’investissement dans la zone Euromed», l’édition 2006 de l’«Euro-Mediterranean Business Summit», intervenant à quelques jours seulement de la tenue à Tampere (sud-est de la Finlande, pays qui préside actuellement l’Union européenne) d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des membres du Processus de Barcelone, à laquelle l’Algérie est représentée par Mohammed Bedjaoui.
Pour le rendez-vous marseillais, l’Algérie sera également représentée par une personnalité de haut niveau en plus d’une délégation comprenant notamment des hommes d’affaires et des chefs d’entreprise nationaux.
Organisée par Economist Conference, une institution internationale spécialisée dans l’organisation de rencontres à caractère économique, ce sommet, dans la continuité de l’édition précédente, vise, comme le rapporte l’agence APS, à mettre en lumière «le potentiel d’investissement d’une région en plein développement».
«Depuis l’essor du Processus de Barcelone, qui a rassemblé les 25 Etats membres de l’UE et leurs 10 partenaires méditerranéens, les investisseurs privés ont de nombreuses attentes et la région se doit, notamment, de créer une dynamique forte de coopération économique à l’échelle régionale», soulignent les organisateurs dans un éditorial consacré à ce sommet et dont le bureau APS de Paris a repris l’essentiel.
Toujours selon l’APS, Economist Conference estime que les «atouts forts de cette région -une main-d’œuvre jeune et bien formée, des coûts de production attractifs, et des marchés en croissance- contribuent à améliorer les perspectives de développement et provoquent l’intérêt des entreprises locales et étrangères».
Plusieurs facteurs, telles «la fragmentation des marchés ou la perception du niveau de risque, continuent de freiner le développement», précisent les mêmes organisateurs qui soulignent néanmoins que ces facteurs négatifs «devront être neutralisés pour stimuler de nouveaux investissements et libérer le potentiel de croissance».
«Comment les dirigeants politiques et économiques de la région Euro-Méditerranée peuvent-ils concrètement améliorer le contexte pour le milieu des affaires et favoriser ainsi une croissance durable ?» «Quels sont les moyens à la disposition des gouvernements régionaux pour minimiser les risques d’investissement et améliorer l’image de la région ?»
Ce sont autant d’interrogations auxquelles les participants au sommet qui sera organisé à Marseille peuvent apporter des éléments de réponse durant la plénière, les tables rondes et les travaux en atelier prévus lors de cet événement. Par ailleurs, il y a lieu de rappeler que la réunion des ministres des Affaires étrangères, les 27 et 28 du mois de novembre en terre finlandaise, sera consacrée au suivi du Processus de Barcelone (Euromed).
Au cours de la réunion Euromed (forum qui se tient tous les 18 mois), les chefs de diplomatie de l’Union européenne (UE) et les partenaires du Bassin méditerranéen (Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie, et l’Autorité palestinienne), vont se pencher sur les sujets d’actualité du partenariat Euro-Méditerranée.
Le dialogue interculturel, la nouvelle politique de voisinage de l’UE, les questions de financement et les méthodes de travail du partenariat Euro-Méditerranée, ainsi que l’examen des résultats des réunions ministérielles consacrées aux questions industrielles, d’environnement et d’égalité, sont autant de thèmes au programme lors de cette réunion informelle.
Selon une récente enquête de la Commission européenne, la majorité des Européens estiment que, contrairement à des pays partageant une frontière terrestre avec le bloc européen (pays de l’Est, notamment la Russie, l’Ukraine et le Belarus), les pays du pourtour de la Méditerranée, qui font partie de la «politique de voisinage» de l’UE, ne sont pas considérés comme des… voisins ! «Ainsi, le Maroc n’est un voisin que pour 32% des Européens, la Tunisie pour 28% et l’Algérie pour 22%», conclut-on à travers cette enquête.
Ce résultat d’enquête va en droite ligne avec, par exemple, les propos du Français Nicolas Sarkozy qui, il n’y a pas très longtemps, a souligné qu’il est temps de «faire face honnêtement à la question des frontières de l’Europe».
Si, pour lui, la Norvège, la Suisse et les pays balkaniques font «clairement» partie de l’Europe, les autres pays voisins, relève-t-il, euro-asiatiques et méditerranéens sont clairement ‘‘non-européens’’ et leur droit à adhérer à l’UE est ‘‘discutable’’».
En direction de ces derniers pays, Nicolas Sarkozy déclare être en faveur de «partenariats préférentiels».
Le président du Conseil italien, Romano Prodi, attendu prochainement pour une visite en Algérie, plaide, pour sa part, en faveur d’une «politique active au niveau de la Méditerranée» qui permettrait la création des «lieux dans lesquels les Etats du nord et du sud du Bassin méditerranéen peuvent arrêter des décisions communes».
Début octobre 2006 au Luxembourg, les 25 membres de l’UE ont convenu de renforcer le contrôle des frontières du sud de l’Europe tant en Méditerranée que dans l’océan Atlantique (îles Canaries notamment), en vue de lutter en commun contre les flux migratoires illégaux.
Par Younes Hamidouche - La Tribune, le 4 novembre 2006.
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