L’OPEP s’apprête à tailler dans ses quotas
Algérie - Les prix du pétrole tournent aujourd’hui autour de 58-60 dollars le baril, une fourchette jugée, hier, acceptable par la Norvège, un pays hors Opep. Mais encore faut-il pouvoir les y maintenir ?
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole, estimant que les prix de l’or noir ont diminué de plus de dix-sept pour cent ces dernières semaines, pourrait, de ce fait, réduire son offre pétrolière à la faveur de la prochaine réunion prévue au Nigeria à la mi-décembre.
Elle pourrait le faire à hauteur de 1,2 million de barils par jour, selon une déclaration, la semaine dernière, du ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil. La chute relative des cours de pétrole l’a poussée, fin octobre dernier, à décider de tailler dans ses quotas. C’était lors de la conférence ministérielle tenue à Doha.
Hier, sur le marché new-yorkais, Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour livraison en décembre progressait de 17 cents à 58,05 dollars lors des échanges électroniques. Sur celui de Londres, le baril de brent de la mer du Nord prenait 20 cents à 58,07 dollars sur l’échéance de décembre.
En valeur, les prix ont ainsi baissé d’environ trois dollars depuis vendredi 27 octobre. Les raisons ? Un des principaux facteurs a été le redoux annoncé aux Etats-Unis jusqu’à mi-novembre. Il devrait engendrer une plus faible demande de pétrole et permettre un renflouement des stocks.
Selon des spécialistes cités par des agences de presse, la principale préoccupation du marché semble «se porter sur les Etats-Unis» et le climat. L’hiver semble plus doux que prévu, ce qui a tiré les prix à «la baisse», note l’un d’entre eux.
Dans ce pays, le premier consommateur mondial d’énergie, les stocks sont déjà très garnis : ceux de pétrole brut sont de 4,6% supérieurs à l’an dernier à la même époque et ceux de produits distillés, le fioul de chauffage, capital pour l’hiver, sont 13% plus élevés.
Du coup, il n’y a plus de risque d’une pénurie de l’approvisionnement à court terme.
A plus long terme, le marché craint une baisse de la demande pétrolière en conséquence du ralentissement de l’économie américaine, à 1,6% au troisième trimestre.
Le pessimisme macroéconomique a émergé comme le facteur dominant, et cela pourrait signifier que l’évolution des prix du brut va persister pendant encore un certain temps, a estimé Kevin Norrish, analyste à la banque Barclays Capital, repris par l’AFP.
Par Youcef Salami - La Tribune, le 4 novembre 2006.
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