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La Corée du Nord exige que le Japon soit exclu des futurs pourparlers

Kim Jong-ilCorée du Nord - La rancune est décidément une particularité de la Corée du Nord. Au moment où les Etats-Unis mènent le train de l’intransigeance vis-à-vis d’elle, c’est contre le Japon que se déchaîne la colère de Pyongyang.

Depuis qu’elle a procédé à son tonitruant essai nucléaire, le 9 octobre dernier, la Corée du Nord multiple les frasques diplomatiques, toutes accompagnées d'une kyrielle de conditions. Voulant vraisemblablement se venger de la position japonaise, le régime de Kim Jong-il a décidé hier de proposer l’exclusion de Tokyo du cycle des négociations à six.

Engagé en 2003, ce cycle comprend, outre la Corée du Nord, cinq autres pays : la Corée du Sud, le Japon, la Chine, la Russie, les Etats-Unis. «Les autorités japonaises ont ainsi clairement fait la preuve qu’elles ne sont que des imbéciles politiques incapables de prendre la mesure de la situation et de leur déplorable position», a lancé hier sur un ton à la fois ironique et coléreux le porte-parole de la diplomatie nord-coréenne.

Après avoir procédé à de multiples reculades depuis que la détermination internationale s’est renforcée à son encontre, le régime de Kim Jong-il veut désormais s’investir sur le terrain diplomatique. Prêt à en découdre avec ses voisins japonais et sud-coréen, il affrontera les négociations avec une sérénité politique et surtout une puissance de dissuasion inespérée.

Grâce à sa nouvelle arme nucléaire, Kim Jong-il, le leader nord-coréen veut ainsi montrer que son pays a changé de statut et qu’en dépit de cela il affrontera, plus fort, les assauts violents des Etats-Unis et de leurs satellites en Extrême-Orient. Ulcérée par la déclaration japonaise à travers laquelle Tokyo a rejeté complètement sa participation aux négociations à six en tant que puissance nucléaire, la Corée du Nord rend de plus en plus difficile le début du mandat de Shinzo Abe.

A la tête du gouvernement japonais depuis le 26 septembre dernier, le successeur de Junichiro Koizumi trouve de plus en plus de difficultés à se faire entendre face à l’éloquence de son adversaire communiste. Au zénith de sa popularité au début de la crise nucléaire, il laisse désormais transparaître une certaine faiblesse à faire entendre la voix de son pays. Pris au piège de sa politique outrageusement inflexible, le Premier ministre nippon risque aujourd’hui d’être complètement marginalisé par une fermeté unilatérale.

Une fermeté que les Etats-Unis ont su gérer depuis le 9 octobre dernier. Mais la décision de Kim Jong-il de proposer la disqualification du Japon et non celle des Etats-Unis s’explique surtout par une volonté nord-coréenne de limiter le différend sur le nucléaire à une affaire américano-coréenne. Pendant ce temps, les effets de la bombe atomique du 9 octobre continuent à faire des ravages au sein de la classe politique sud-coréenne.

Après la démission du ministre de la Défense, Yoon Kwang-ung, le 24 octobre dernier, et son remplacement par une personnalité plus ferme face à la menace du Nord, c’est un nouveau chef de la diplomatie qui a été nommé. Appelé à remplacer Kofi Annan dès le 1er janvier 2007, Ban Ki-moon a cédé sa place à Song Min-soon, proche collaborateur du président Roh Moo-hyun ; il devra suivre de près l’évolution des relations inter-coréennes.

L’espoir suscité par le rapprochement des deux voisins péninsulaires au début des années 2000 se voit aujourd’hui plus que jamais compromis pour deux raisons essentielles. La première résulte de l’intransigeance de la Corée du Nord, et du suivisme aveugle de sa voisine du Sud.

Quant à la deuxième raison, il faut la chercher du côté de Washington. Là ou se fomentent les plus grandes opérations de déstabilisations dans le monde.

Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune, le 5 novembre 2006

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