Algérie : La BCIA à la barre
Algérie - Dès demain, lundi, la cour d’Oran abritera le procès de la très retentissante affaire des traites avalisées de la Banque industrielle et commerciale d’Algérie (BCIA) qui, selon l’accusation, a causé à la Banque extérieure d’Algérie (BEA) un préjudice financier de l’ordre de 13 milliards de dinars.
Plus de cinquante accusés, dont des responsables de la BCIA, des cadres de la BEA et des opérateurs économiques, devront répondre des chefs d’inculpation de détournement de deniers publics et complicité.
Les faits de ce deuxième plus gros scandale financier du pays, après celui de Khalifa, remontent à début 2003 lorsque la direction régionale ouest de la BEA avait constaté que l’une de ses agences d’Oran (appelée Yougoslavie) et celle de Sig avaient avalisé plusieurs traites d’un montant global de 13 milliards de dinars sans que la marchandise ait été réceptionnée.
Autrement dit, la BCIA se portait garante pour des clients qui, de ce fait, bénéficiaient de prêts accordés par la BEA sans aucune contrepartie. L’enquête diligentée à l’époque par les services concernés a abouti à l’interpellation et à la présentation devant le parquet d’Oran de près 70 personnes dont une trentaine ont été mises sous mandat de dépôt, onze sous contrôle judiciaire et huit en liberté provisoire alors que le reste demeure en fuite.
D’autres répercussions négatives sur le secteur financier privé ne tardèrent pas à apparaître, notamment la décision prise par des banques publiques de réduire les opérations d’escompte, certaines étant même allées, selon des opérateurs, jusqu’à refuser des chèques émanant de banques privées.
Ce qui a contraint l’Association des banques et établissements financiers (ABEF) à réagir en indiquant que «l’arrêt des opérations d’escompte n’est pas une non-acceptation des chèques des banques privées.»
Plusieurs fois reporté après que certains mis en cause eurent introduit une trentaine de pourvois en cassation auprès de la Cour suprême pour ôter à l’affaire son caractère criminel, le procès de la BCIA devrait logiquement permettre une meilleure compréhension des circonstances mais aussi des complicités qui ont mené la banque privée à la faillite, causé un préjudice de 13 milliards de dinars et ruiné de nombreux clients et investisseurs.
Par Samir Ould Ali - La Tribune, le 5 novembre 2006.
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