Algérie : Bouteflika souligne le dynamisme chinois et les potentialités africaines
Algérie - Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a mis en exergue, hier à Pékin à l’occasion de son allocution lors du Forum sino-africain, l’importance de la synergie, à mettre en place dans le cadre du partenariat stratégique projeté par les deux parties, entre le dynamisme chinois et les potentialités africaines.
A cette rencontre sino-africaine qui a vu la présence à Pékin de nombreux hommes d’affaires chinois et africains, le chef de l’Etat algérien a relevé que «nous avons aujourd’hui l’occasion d’explorer les possibilités de réunir les conditions d’une synergie entre, d’une part, le dynamisme des firmes chinoises et leurs besoins d’expansion et, d’autre part, les potentialités non négligeables que recèle le continent africain en termes de développement». Abdelaziz Bouteflika indique, dans son allocution que l’APS a rapportée dans son intégralité, que cette entreprise ne peut évidemment être couronnée de succès sans l’implication du monde des affaires sino-africain et sa contribution à l’établissement d’un rapport de complémentarité entre nos deux espaces économiques.
Tout en rappelant les performances chinoises, notamment sur les plans économique, scientifique et technologique, le président Bouteflika qualifie l’économie chinoise de «modèle qui force l’admiration» et prend «valeur, sinon de modèle, du moins d’exemple».
«Parallèlement aux performances de l’économie chinoise, le continent africain a d’importants défis à relever en matière de développement, car les besoins socioéconomiques des sociétés africaines sont immenses», ajoutera-t-il.
Sur le continent africain, toujours selon le président algérien, il y a inégalité d’un pays à un autre en matière de croissance économique et les disparités sont importantes d’une région à une autre. Abdelaziz Bouteflika cite à ce propos les problèmes persistants liés à l’emploi, à l’éducation et à la couverture sociale et sanitaire.
«Les infrastructures de base font toujours défaut et la maîtrise technique et technologique d’un processus industriel fiable et efficace est loin d’être acquise», précise-t-il avant d’ajouter que «ce tableau est certes négatif, mais il ne devrait pas faire occulter les aspects positifs liés à l’œuvre de renouveau qui est en train de s’opérer sur le continent et dont les premiers résultats sont déjà perceptibles».
Selon lui, la bonne gouvernance connaît un élan appréciable à travers de nombreux pays africains et les droits de l’Homme, la liberté d’expression et encore l’égalité des genres seraient des concepts qui prennent progressivement place dans les législations comme au sein des institutions des pays africains. Dans un «grand nombre» de pays, les performances économiques réalisées ces dernières années, avec un «taux de croissance se maintenant durablement au-dessus de 5 %», invitent à «l’optimisme», souligne-t-il.
Après avoir relevé que l’Afrique a fait de son intégration dans l’économie mondiale un objectif prioritaire, le président Bouteflika dresse un constat selon lequel le continent le plus pauvre de la planète «n’a, malheureusement, pas reçu le soutien souhaité de ses partenaires au développement alors qu’il a besoin d’un accompagnement concret et d’un partenariat effectif basé sur une solidarité réelle et un équilibre des intérêts».
«C’est pour cela que nous fondons de grands espoirs sur une coopération Sud/Sud dans laquelle le partenariat sino-africain occuperait une place privilégiée car il donnerait lieu à une coopération fructueuse au bénéfice de chacune des parties», indique le chef de l’Etat algérien.
Les Africains, estime Bouteflika, sont actuellement en quête d’un modèle économique nouveau prenant appui sur une production industrielle permettant les plus-values nécessaires pour une croissance durable et pour le développement harmonieux des économies du continent noir.
«Je pense sincèrement que les hommes d’affaires chinois sont les mieux placés pour participer à cette grande entreprise», réitère le président de la République qui «exhorte donc à renforcer leur présence en Afrique à travers l’investissement dans les secteurs productifs et apporter ainsi une contribution significative au développement socioéconomique du continent».
S’adressant aux Chinois, les investisseurs de l’empire du Milieu précisément, le président Bouteflika indique que l’intérêt qu’ils portent à l’Afrique et aux multiples possibilités de partenariat offertes par le développement économique africain est plus qu’important.
Mais, tempère Bouteflika, il faut admettre néanmoins que les relations économiques entre la Chine et le continent africain, bien qu’elles aient connu un essor considérable depuis le premier Forum commun (année 2000), se situent encore «en deçà de nos potentialités réelles et ne reflètent pas encore pleinement la qualité de nos relations d’amitié et de coopération politique».
«Il vous appartient à vous, chefs d’entreprise, de prendre des initiatives concrètes dans l’intérêt mutuel de l’Afrique et de la Chine», lance Abdelaziz Bouteflika à l’adresse de la force économique chinoise.
L’effort d’investissement et de coopération économique devra, estime celui qui fait figure d’un des initiateurs de l’initiative africaine de développement dite NEPAD, «à l’évidence, s’accompagner d’un transfert de technologie, de capitaux et de savoir-faire que les entreprises chinoises sont aujourd’hui largement en mesure de fournir aux pays africains».
«Il est donc nécessaire que les hommes d’affaires de Chine et d’Afrique fassent preuve d’imagination et d’audace pour stimuler nos relations économiques et pour l’édification de ce nouveau partenariat stratégique dont nous attendons le plus grand bien pour la Chine et pour le continent africain», conclura-t-il.
Par Rabah Iguer - La Tribune, le 5 novembre 2006.
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