Liban: les choses s’accélèrent
Liban - Comme prévu, la situation au Liban se complique et, après une période de grâce et d’observation, les évènements ont commencé soudain à s’accélérer. Des choses se passent au pays des Cèdres, et elles sont fort importantes.
En tout cas, assez importantes pour que Hassan Nasr Allah ne cache plus son impatience de tomber le gouvernement de Siniora, et aille jusqu’à donner à ce dernier le choix entre un gouvernement d’unité nationale ou l’occupation de la rue par ses partisans et sympathisants. Une occupation dont la date est fixée au 13 novembre et qui, si elle vient à avoir lieu, précise le chef du Hizbollah, ne sera levée qu’avec l’obtention d’élections anticipées.
Ce qui se passe au Liban est assez important aussi pour que, de son côté, l’envoyé du secrétaire général de l’ONU à Beyrouth balance une information des plus délicates en déclarant avoir été informé par le gouvernement de Siniora que des livraisons d’armes continuent à avoir lieu à partir de la Syrie et pour que le Premier ministre libanais démente aussitôt, et de manière catégorique, que son gouvernement ait informé Théry Rod Larsen d’une quelconque opération de trafic d’armes au Liban à travers les frontières de la Syrie.
Il ne fait point de doute, certes, que des choses se passent dans ce pays, mais il est tout aussi certain que des choses s’y préparent, à l’image de la troublante déclaration de Condoleezza Rice qui, contrairement aux us diplomatiques, rend public le fait qu’elle ait attiré l’attention de Siniora que la Syrie prépare des attentats et des assassinats à Beyrouth, une déclaration qui ajoute beaucoup d’eau au moulin d’un Walid Joumblat qui n’a jamais caché ses appréhensions à l’égard de Damas.
Comme pour confirmer les craintes et inquiétudes de Rod Larsen, de Joumblat et de Rice, un obus a presque aussitôt explosé aux alentours d’une caserne de l’armée libanaise, de quoi donner l’occasion à Bush de brandir, par le biais du porte-parole de la Maison-Blanche, des menaces non voilées à l’endroit de ceux qui s’en prendraient à cette «jeune démocratie modèle qu’est le Liban».
Et comme pour lever toute équivoque à venir quant à la mission réelle de la FINUL, un responsable de cette mission vient de déclarer que non seulement la FINUL ne dispose pas de moyens pour empêcher les avions d’Israël de violer les termes de la résolution 1701 mais que cette mission revient à l’armée libanaise.
Que fera le Premier ministre libanais pour éviter que tombe son gouvernement et pour que n’ait pas lieu la descente des masses dans la rue ? Que fera Bush pour que l’actuel gouvernement «ami» du Liban continue à présider aux destinées du pays ? Que fera Nasr Allah pour sortit de l’étau qui ne cesse de se refermer sur son mouvement ? Que feront les partis alliés à Hizbollah ? Que fera la Syrie ? Que fera l’Iran ? Que fera Israël ?
Beaucoup de questions, toutes aussi inquiétantes les unes que les autres, à un moment où, plus que jamais, l’avenir du Liban semble sérieusement engagé.
Par A. H. - Quotidien d'Oran, le 6 novembre 2006.
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