Palestine : Le CICR dénonce les violations du droit humanitaire international par Israël
Palestine - Au sixième jour de la sanglante offensive israélienne qui a fait plus de 50 morts, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dénonce les violations par Israël du «droit humanitaire international», et des «Conventions de Genève», après la mort vendredi de deux employés du Croissant-Rouge palestinien, assassinés par l’armée d’occupation à Ghaza.
Le chef de la délégation du CICR en Israël et dans les territoires occupés s’est déclaré vivement «consterné par le fait que l’obligation de protéger le personnel engagé dans des activités médicales d’urgence n’ait pas été respectée» par l’armée occupante. «Les personnes concernées et leurs moyens de transport arboraient pourtant clairement un emblème distinctif conférant la protection des Conventions de Genève», souligne encore le CICR.
Mais Israël, Etat au-dessus des lois internationales, semble ne plus se considérer comme tenu par le respect des droits humains.
Au total, une cinquantaine de civils palestiniens ont été assassinés et plus de 200 ont été blessés depuis le début de l’opération sanglante lancée contre la Bande de Ghaza mercredi dernier. Un bilan qui reste toujours ouvert devant les appétences criminelles de la soldatesque israélienne.
Hier, un adolescent a été tué et 20 Palestiniens blessés dans plusieurs raids aériens israéliens alors qu’une vingtaine de blindés ont pénétré dans le nord de la ville de Ghaza, dans le quartier Toufah. Aviation, blindés, rien n’est laissé au hasard pour tuer et terroriser davantage les populations.
L’armée israélienne occupait toujours hier la localité meurtrie de Beït Hanoun, dans le nord de la bande de Ghaza, principalement visée par l’opération, cyniquement baptisée «Nuages d’automne», lancée sous le prétexte d’arrêter les tirs de roquettes sur les colonies.
Samedi, John Ging, le directeur de l’agence des Nations unies pour le secours aux réfugiés de Palestine (UNRWA) dans la Bande de Ghaza, avait qualifié la situation de «désespérée».
«La nourriture, l’eau manquent. Il y a des destructions partout, les gens vivent dans la peur», avait-il alerté.
Mais l’armée israélienne a nié tout en bloc : «Beït Hanoun ne connaissait pas de crise humanitaire et la population avait tout à fait accès à l’eau, à l’électricité et à la nourriture.» Le jeune Mahmoud Ashrafi, 15 ans, qui se rendait à l’école a goûté à la «philanthropie» israélienne.
Il a été tué et sept autres écoliers ont été blessés par un missile tiré par un appareil israélien à Beït Lahya. Deux des blessés, dont une enseignante touchée à la tête, se trouvent dans un état critique.
Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Mahmoud Zahar, a vivement appelé hier les pays arabes à «assumer leurs responsabilités» envers le peuple palestinien, soumis à une sauvage agression militaire israélienne dans la «prison» de Ghaza. Le ministre, issu du Hamas, a exhorté les Arabes à «agir d’urgence dans les organisations internationales» pour mettre un terme à l’horreur.
Par Moumene Belghoul - La Tribune, le 7 novembre 2006.
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