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40.000 lieux de culte fermés en Algérie

Mosquée en AlgérieAlgérie - Depuis l’an 2000, aucune mosquée n’a été fermée. Le ministère des Affaires religieuses dit maîtriser la situation par l’application de la loi 91/81 fixant les conditions d’implantation des mosquées.

Ces lieux de culte, détournés de leur vocation durant les années 90, ont fait l’objet, ces dernières années, d’une opération d’assainissement qui s’est soldée par la fermeture de 40.000 lieux de prières durant la décennie noire.

Dernières mesures prises visant à réhabiliter ces espaces qui ont fait objet, également, d’activités à caractères politiques et subversifs, l’interdiction de les utiliser pour la Rokia et la H’jama. Les imams sont interdits d’exercer ces activités dans ces lieux. Idem pour les bibliothèques des mosquées. Un inventaire des livres a été effectué récemment et un contrôle opéré par la commission de lecture.

La loi interdit la prolifération anarchique des lieux de culte. La construction des mosquées n’est autorisée que sur la base d’un dossier technique bien ficelé. Permis de construire et plan architectural en conformité avec la culture arabo-musulmane sont exigés avant la construction de ces espaces. Transformer des locaux à usage commercial ou des habitations en lieux de culte est désormais banni.

3.500 mosquées sont actuellement en voie de construction. «Un nombre suffisant pour répondre à la demande», indique M. Tamine. Reste la question des salles de prières aménagées au niveau des institutions officielles ou sociétés qui ne sont pas réglementées par la loi 91/81 du fait qu’elles ne sont pas encadrées par un imam et ne nécessitent donc pas une autorisation.

Concernant le recrutement des imams, le ministère veille au grain. L’imam n’est appelé à occuper son poste que sur autorisation délivrée par la direction de wilaya après une enquête morale. Il existe, explique M. Tamine, trois catégories d’encadrement: un imam fonctionnaire de l’administration de culte, un imam contractuel et un imam bénévole. Pour assurer l’encadrement des 15.000 mosquées existantes par des encadreurs permanents, il faut 75.000 imams. Or le nombre de postes budgétaires disponibles est de 22.000.

Le déficit estimé à 53.000 postes est comblé par le recrutement des contractuels et les bénévoles. Pour revenir au rôle des imams et le discours à tenir, le même interlocuteur souligne qu’il existe des lignes rouges que l’imam ne doit pas dépasser. Même si ce dernier est libre dans le choix du sujet de sa «khotba», il lui est strictement interdit de faire des prêches sur la violence ou sur la politique partisane.

L’imam est tenu de répondre aux préoccupations de la société. Il doit actualiser ses connaissance en culture générale en permanence pour éviter le déphasage. «Les mosquées constituent un grand moyen de communication direct qui regroupe 14 millions de fidèles issus de toutes les couches sociales. Il est donc impératif de développer un discours de politique religieuse répondant aux préoccupations de ces citoyens», dira le représentant du ministère. Concernant la gestion des mosquées, la loi est claire, estime notre interlocuteur.

C’est l’imam qui a la direction de la mosquée, qui est responsable des lieux. «Il est le seul responsable de l’établissement et de sa gestion. L’entretien, la maintenance et le matériel sont du ressort de l’association religieuse».

Ceci pour mettre fin aux conflits qui ont surgi entre les imams et les associations religieuses dans certaines mosquées. Quant aux dépassements à l’intérieur de ces lieux, le ministère, en tant que seul responsable de tout ce qui se passe à l’intérieur de ces espaces, a installé des inspections au niveau local et national pour procéder à des enquêtes quand des plaintes sont déposées ou des dépassements signalés.

Par B. Mokhtaria - Quotidien d'Oran, le 8 novembre 2006.

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