Palestine : Mort et dévastation à Beit Hanoun après le passage israélien
Palestine - La ville de Beit Hanoun dans la bande de Ghaza est apparue hier dévastée, après le retrait de l’armée israélienne qui y a mené durant six jours une vaste opération particulièrement destructrice et meurtrière.
Après le retrait, dans la nuit, des militaires israéliens, les rues de la ville ne sont plus que boue et gravats suite au passage des blindés. Les médias sur place décrivent une situation désastreuse.
«Les canalisations d’égout ont été détruites et les eaux usées se déversent dans les rues jonchées de poteaux électriques et de blocs de pierres. Un camion retourné bloque une des ruelles. Des voitures ont été incendiées. L’une d’elles a atterri à l’intérieur d’une maison qui n’est plus que ruines.
Une mosquée, vieille de quelque huit siècles, selon son gardien, a été démolie par les Israéliens et seul le minaret est encore debout. Pas une façade n’a été épargnée dans la zone des combats. Toutes portent des traces d’obus, tandis que des étages entiers au sommet d’immeubles du quartier ont disparu. Des habitants errent dans les décombres dans l’espoir de récupérer quelques biens.»
C’est Beit Hanoun dans le nord de la bande de Ghaza qui a supporté la rage destructrice de l’occupant. Et c’est dans cette ville martyre que les combats déclenchés le 1er novembre par l’armée israélienne ont été les plus durs. L’opération criminelle dans laquelle 56 civils palestiniens ont péri a été lancée, selon l’Etat hébreu, pour tenter de stopper les tirs de roquettes depuis la bande de Ghaza contre les colonies.
Mais malgré le retrait des blindés, les assassinats se poursuivent à Ghaza. Cinq Palestiniens ont été tués hier par l’armée d’occupation dans le nord de la bande. Parmi les victimes on dénombrerait deux militants du mouvement de résistance du djihad islamique.
Les cinq Palestiniens ont été tués dans la localité de Soudaniya, au nord de la ville de Ghaza, au moment où l’armée israélienne venait de se retirer de Beit Hanoun.
La situation est également des plus critiques sur le plan humanitaire. Le directeur opérationnel de l’Agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens à Ghaza, John Ging, a qualifié de «désespérée» la situation à Beit Hanoun.
«Mort, destruction et désespoir sont les termes que l’on peut utiliser pour décrire la situation. Aujourd’hui, 40 000 personnes à Beit Hanoun souffrent énormément», constate-t-il. Hier, le président palestinien Mahmoud Abbas a vivement condamné les sanglantes opérations militaires israéliennes dans la bande de Ghaza, affirmant qu’Israël n’assurerait nullement sa sécurité au prix du sang palestinien.
«Si Israël veut la paix et la sécurité, la voie du sang palestinien n’est pas celle qu’elle doit suivre», a-t-il dit à l’adresse des médias internationaux. Des médias qui continuent à mettre sur un pied d’égalité l’occupant arrogant et surarmé et l’occupé qui défend sa dignité ou ce qu’il lui en reste.
Par Moumene Belghoul - La Tribune, le 8 novembre 2006.
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