Algérie - Bouteflika : Une visite chinoise fructueuse
Algérie - Le Président Bouteflika a exprimé lors des entretiens élargis avec son homologue chinois ainsi qu’avec le Premier ministre, Wen Jiabao, et le président de l’Assemblée populaire de Chine, Wu Bangguo, la volonté de l’Algérie de lier des relations stratégiques basées sur la «confiance mutuelle et l’intérêt commun».
Après l’accélération, à partir de 2000, de la croissance du volume des importations en provenance de la Chine, qui s’est hissée à la quatrième place de la liste des principaux fournisseurs de l’Algérie en exportant pour près de 1,3 milliard de dollars, l’Algérie souhaite à présent une plus importante présence des entreprises chinoises.
Au terme de sa visite d’Etat en Chine et au lendemain de la 2e Conférence des entrepreneurs chinois et africains, tenue du 6 au 8 novembre en Chine, le président de la République Abdelaziz Bouteflika, a souhaité «ouvrir un champ de coopération nouveau et plus large en dehors du domaine des ressources minérales et des hydrocarbures».
Dans une interview accordée à l’APS, il a affirmé que les échanges commerciaux entre l’Algérie et la Chine ont atteint 1,7 milliard de dollars en 2005 et dépasseront largement le cap de deux milliards en 2006, indiquant que les relations de coopération entre l’Algérie et la Chine ont connu, ces dernières années, une évolution «tout à fait positive dont on ne peut que se réjouir». C’est surtout dire qu’Alger ne compte pas se contenter du niveau actuel de ses échanges avec Pékin.
La visite d’Etat couronnée par la signature d’une Déclaration sur le développement des relations de coopération stratégique en est la preuve. Elle ouvre la voie à un nouveau type de partenariat entre les deux pays. Partenariat dont le président de la République a laissé entrevoir quelques aspects. Avant cette déclaration, lorsque le Président s’est exprimé devant le Forum algéro-chinois sur la coopération économique, et auquel ont participé des entreprises chinoises, il s’est dit intéressé par l’expérience acquise par la Chine dans le domaine économique.
«Son savoir-faire technologique, son organisation et la mobilisation des capacités humaines constituent pour nous des sources d’inspiration», a affirmé Bouteflika. Il exposera la contrepartie en rappelant les atouts de l’Algérie qui ont trait aux importantes potentialités, ses
perspectives de développement à court et à moyen terme. «L’Algérie s’est résolument engagée dans un long processus de transformation pour l’édification d’une économie plus efficiente et plus performante», sera-t-il indiqué.
Son engagement en vue de mobiliser les nouveaux capitaux et rechercher un management moderne pour les entreprises algériennes sera dans ce contexte souligné. Les entreprises chinoises sont invitées à accompagner l’Algérie dans ce processus. «La construction de l’économie sur des bases nouvelles va bien au-delà du simple rétablissement des équilibres fondamentaux de l’économie nationale», a-t-il mentionné.
La mobilisation de ressources, 100 milliards de dollars, devra permettre à l’Algérie de susciter l’intérêt des entreprises étrangères. En parallèle, l’Etat s’engage à mener à terme les réformes du système économique. «Le système financier et bancaire, le marché des capitaux, la mise à niveau des entreprises, le processus d’ouverture du secteur public, constituent les éléments-clés de ces réformes d’appui aux entreprises», sont autant de chantiers que le président souhaite voir parachevés en vue d’attirer les investisseurs étrangers.
«La coopération algéro-chinoise devra se concentrer pour le bénéfice de notre pays et des entreprises chinoises», en vue d’aller ensemble à la conquête de marchés extérieurs, notamment le marché européen, sur lequel les entreprises algériennes sont appelées à opérer librement et sans entraves douanières, estime Bouteflika.
Plusieurs secteurs susceptibles de donner un sens à ces engagements sont identifiés tels que la pétrochimie, les engrais, les résines synthétiques, les médicaments, la transformation des minéraux non ferreux, l’électronique de masse, l’agroalimentaire, les nouvelles technologies de l’information, les constructions métalliques et, enfin, la fabrication des camions.
Tout en promettant la mobilisation du gouvernement algérien de tous les moyens nécessaires et en parlant des garanties et protections assurées aux investisseurs, le président a exhorté les entreprises chinoises à s’intéresser aux différentes formes de coopération directe, notamment devant l’indispensabilité d’accéder et de maîtriser la technologie.
Il souligne, à cette occasion, l’engagement de plusieurs investisseurs chinois dans des investissements en Algérie, qui «ont réalisé leurs projets dans des conditions satisfaisantes, à l’exemple de la raffinerie de pétrole d’Adrar, dans le sud du pays, fruit d’un partenariat efficace avec l’Entreprise nationale des hydrocarbures Sonatrach, pour un montant de plus de 200 millions de dollars».
Une déclaration et sept accords signés
La visite d’Etat du président de la République du 6 au 8 novembre en Chine, a été couronnée par la signature d’une Déclaration sur le développement des relations de coopération stratégique, ouvrant ainsi la voie à un nouveau type de partenariat entre les deux pays. La Déclaration a été signée par le chef d’Etat et son homologue chinois, Hu Jintao en présence des membres des deux délégations.
Sept autres accords de coopération bilatérale ont été également signés entre les deux parties. Il s’agit notamment d’un protocole de coopération économique et technique, d’un protocole d’entente en matière de contrôle de qualité des produits industriels, d’un protocole d’entente de contrôle des denrées alimentaires et d’un accord sur le transport civil.
Par Karima Sebai - Le Jour d'Algérie, le 9 novembre 2006.
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