Algérie : Guerre des gangs à l’ouest du pays
Algérie - La guerre des gangs spécialisés dans le trafic d’importantes quantités de drogue acheminées à partir du Maroc vers l’Algérie bat son plein, actuellement, dans plusieurs wilayas de l’ouest du pays. Ce sont également des réseaux internationaux de trafic de stupéfiants qui se livrent une guerre sans merci sur le sol algérien.
Les informations faisant état de ces guerres nous ont été données par des sources sécuritaires locales qui n’écartent pas que des liquidations physiques ont déjà eu lieu entre éléments de ces gangs.
«Il est toutefois difficile de prouver que telle personne avait été assassinée par tel gang et qu’il s’agit d’une liquidation physique», nous dit un officier des services de sécurité exerçant dans la wilaya de Aïn Témouchent.
La concurrence entre ces réseaux de trafic de drogue est rude et des gangs n’hésitent pas à «vendre» un autre gang, informant, par des appels téléphoniques anonymes, parfois, du passage d’un camion bourré de résine de cannabis, par exemple, disent des sources sécuritaires.
Evoquant l’affaire de la découverte il y a quelques semaines d’un yacht dont les cales contenaient 1 500 kg de résine de cannabis, a large des côtes de Béni Saf, on nous informe au groupement de la Gendarmerie nationale de Aïn-Témouchent, que ce yacht retrouvé renversé, appartient à un Espagnol et que les acheminements de drogue, par voie maritime, à partir du Maroc, se font à travers les eaux internationales.
«Cependant, les plus grandes quantités de drogue acheminées du Maroc sont transportées par route (routes nationales, chemins de wilaya…)», ajoute-t-on de même source. «La wilaya de Aïn Témouchent est géographiquement proche des frontières avec le Maroc.
Les réseaux de trafic de stupéfiants transforment cette wilaya en zone de passage pour de la drogue destinée à être transportée vers le centre, l’ouest et l’est du pays», explique-t-on au groupement de la Gendarmerie nationale. «En mars 2005, nous avons découvert dans un barrage 500 kg de résine de cannabis dissimulés dans des sacs de 25 kg sous forme de savonnettes de 250 grammes chacune», nous dit-on.
«Les réseaux de trafic de drogue innovent, à chaque fois, pour tenter de tromper notre vigilance», dit-on de même source.
Les services de sécurité trouvent parfois des difficultés pour remonter les filières lors de saisies de quantités de drogue. «Les gangs ont ce qu’on appelle un ‘code d’honneur’ et tout élément de ces gangs est liquidé physiquement s’il vend ses acolytes», apprenons-nous auprès de services de sécurité de la wilaya de Aïn Témouchent.
Les responsables des services de sécurité que nous avons rencontrés attirent l’attention sur l’utilisation, par ces réseaux, de puces non identifiées dans leurs communications. Ces réseaux sont organisés en «agents de renseignements», «éléments de reconnaissance» et «éléments d’alerte», ajoutent ces sources qui expliquent que «ces réseaux sont organisés de façon à ce que ceux qui acheminent la drogue ne connaissent pas les parrains de ces gangs».
Par M. Abi - Le Jour d'Algérie, le 9 novembre 2006.
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