USA : Le Capitole en attendant la Maison-Blanche
USA - C’est désormais une certitude, pour la première fois depuis la razzia républicaine aux élections de 1994, les Démocrates raflent la mise dans les deux chambres du Congrès.
Après avoir confirmé son triomphe prévisible à la Chambre des représentants en remportant 229 sièges sur les 435, le parti démocrate arrache un Sénat devenu à la longue un fief républicain.
Résultat attendu avec crainte et appréhension, la chambre haute du Congrès tombe finalement dans l’escarcelle bleue avec 51 sièges sur les 100 qu’elle compte.
Avec cette déroute, la claque est éprouvante pour le président des Etats-Unis. Georges W. Bush, s’était fortement investi dans cette bataille électorale que beaucoup qualifiaient de perdue d’avance pour le clan républicain.Mais rien n’y a fait.
Multipliant les meetings et les shows dont seuls les Américains maîtrisent la logistique, le chef de la Maison-Blanche croyait dur comme fer à une hypothétique victoire qui n’est finalement pas venue. L’amalgame et le sentiment de peur auront été les outils électoraux de prédilection du clan Bush. «Les Démocrates veulent se retirer d’Irak, nous, nous voulons gagner en Irak», lançait le président américain au cours d’une de ses réunions électorales.
Car, en dépit des sondages qui annonçaient une défaite de son parti au scrutin de mi-mandat, Bush croyait encore possible de garder la mainmise sur le précieux Sénat.
Au bout du compte, c’est tout le Congrès qui échappe au Président, à ses faucons et à tous ceux qui ont déclenché une guerre dévastatrice pour l’Irak et pour l’Administration américaine.
L’aubaine est immense pour le parti démocrate.
Mis en marge de l’évolution des Etats-Unis depuis la fin du deuxième et ultime mandat de Bill Clinton en janvier 2001, il devra à présent affûter ses armes et se préparer à un combat électoral plus féroce dans deux ans.
Portée au pinacle par une victoire éclatante, Nancy Pelosi, jusque-là chef de file des Démocrates à la Chambre des représentants, devrait en toute logique prendre la présidence de cette Chambre.
Une nomination qui, en plus d’être hautement symbolique, la propulserait au troisième rang des pouvoirs aux Etats-Unis, juste derrière le Président et le vice-Président.
En dépit de la victoire démocrate au Sénat, le vice-Président américain Dick Cheney restera président de la chambre haute comme le stipule la Constitution des Etats-Unis. Mais le leader démocrate à la Chambre haute Harry Reid aura tout de même son mot à dire sur la conduite des débats. Il devrait sans surprise y être élu à la vice-présidence.
Quelques jours à peine après le raz de marée démocrate à ces élections de mi-mandat, les bruits courent déjà sur l’éventualité que Nancy Pelosi puisse être la colistière de Hillary Clinton si elle décide de se lancer à la course pour la Maison-Blanche.
Triomphalement réélue à son siège de sénatrice de New York, l’ex-première dame des Etats-Unis n’a toujours pas affiché ses ambitions présidentielles.
Mais c’est au sein même de son parti qu’on s’accorde à dire qu’elle serait la meilleure candidate à ce poste. Pour cela, les élections primaires ne devraient être qu’une formalité, même si Barack Obama, le sénateur de l’Illinois, maintient toujours le suspense sur son éventuelle candidature aux primaires démocrates. Du côté des vaincus, l’heure est aux règlements de compte.
Le chef du Pentagone, Donald Rumsfeld, a été sacrifié mercredi soir sur l’autel de la défaite. Détesté et impopulaire pour ses méthodes en Irak, celui qui fut le plus jeune secrétaire à la Défense de l’histoire américaine (nommé pour la première fois à ce poste en 1975 sous la présidence du Républicain Gerald Ford, il avait alors 43 ans) a été aussitôt remplacé par un autre faucon de l’administration Bush.
Il s’agit de Robert Gates.
Actuel président de l’Université du Texas, le successeur de Donald Rumsfeld a été directeur de la Central Intelligence Agency (CIA) de novembre 1991 à janvier 1993.
Malgré la multiplication des défaites depuis le début de la guerre en Irak, George W. Bush poursuit dans la même direction en puisant dans son escarcelle de personnalités aussi dures les unes que les autres. Encore deux ans pour s’en donner à cœur joie.
Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune, le 11 novembre 2006.
Actualité en Algérie
Toute l'actualite du moment
Forum Algérie Monde - Debats et discussions sur l'Algérie et sur le Monde.