USA : Le nouveau Congrès fait-il peur à Israël ?
USA - A voir la cadence de ses voyages aux Etats-Unis, Ehud Olmert penserait peut-être à tort qu’Israël se trouve à quelques encablures de ce pays. Diplomatiquement, il n’a pas tout à fait tort.
Jamais depuis l’élection de Georges W. Bush en novembre 2000, l’Etat hébreu ne pouvait compter sur un soutien américain aussi constant.
Entamé avec un gouvernement israélien alors présidé par Ehud Barak, le premier mandat de Georges W. Bush ne donnait pourtant pas l’air qu’il était un homme aussi zélé pour son soutien à Israël. La campagne électorale qui l’avait opposé au candidat démocrate et vice-président Al Gore était devenu une arène pour qui défend le plus Israël et ses intérêts au Moyen-Orient.
Et la surprise fut grande quand Bush remporta cette élection capitale. Peu encline à voter républicain, la communauté juive aux Etats-Unis, évaluée à environ six millions de personnes, avait assisté, dépitée, à la déroute du camp démocrate.
Depuis, le nouveau président américain avait décidé d’inverser la tendance et de s’allier les juifs américains, sans doute en prévision des prochaines échéances électorales.
Multipliant les déclarations de soutien à l’égard des gouvernements israéliens aussi critiquables les une que les autres, le président Bush s’attirera les foudres du Monde arabe quand il fermera les yeux sur les abjections de Ariel Sharon dans les territoires palestiniens. Même s’il fut le premier chef de la Maison-Blanche à se déclarer favorable à la création d’un Etat palestinien, il restera aussi celui qui a fermé les yeux sur les innombrables abjections des gouvernements successifs, d’Ariel Sharon à Ehud Olmert.
Mais la grande surprise aujourd’hui reste la position du clan démocrate sur la situation explosive qui prévaut dans les territoires occupés depuis septembre 2000 et le début de la seconde Intifadha.
Ayant pris le contrôle du Congrès après leur raz de marée de mardi dernier, les Démocrates devront vraisemblablement exhorter le Président à presser le pas pour trouver une solution durable dans la région.
Mais contrairement à ses précédentes visites à Washington, celle de demain sera sans doute consacrée à la question iranienne. Le départ forcé de Donald Rumsfeld du Pentagone et son remplacement par Bob Gates inquiètent de plus en plus Ehud Olmert et les partisans en Israël de la ligne dure avec Téhéran.
Et pour cause, l’ancien secrétaire à la Défense était un ardent opposant à tout dialogue avec la République islamique. Le contraire de son successeur qui, lui, a cosigné un rapport défendant l’ouverture de négociations directes avec l’Iran.
Le tête-à-tête israélo-américain qui devrait donc commencer demain à Washington ne sera pas de tout repos pour les deux dirigeants.
Ne disposant plus de la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants, Georges W. Bush devra donc compter avec les Démocrates pour tout ce qui concerne les projets de loi sur le Moyen-Orient. Ultime tentative de sa part de profiter des derniers mois du Congrès sortant, le président américain a décidé de renouveler la candidature de John Bolton au poste de représentant permanent des Etats-Unis à l’ONU.
Décidée en août 2005, la nomination de l’ambassadeur américain aux Nations unies n’a toujours pas eu l’aval du Sénat alors que ce dernier était entre les mains des Républicains. Aujourd’hui qu’il est passé dans l’escarcelle démocrate, les choses vont, à coup sûr, se compliquer pour le clan Bush.
Après le temps des complaisances, le duo Bush-Olmert passe par une très mauvaise phase d’adversité.
Ayant tous les deux perdu la confiance de la classe politique et de l’opinion publique, ils doivent à présent tout faire pour réaliser leurs derniers desseins, avant que le verdict des urnes les emporte à leur tour.
Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune, le 12 novembre 2006.
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