La fonction des ressources humaines en Algérie
Algérie - Le séminaire national sur «les privatisations et leurs effets sur l’emploi et la gestion des ressources humaines», organisé samedi et dimanche derniers à Sétif en partenariat avec la fondation allemande Konrad Adenauer, a regroupé les experts, les chefs d’entreprise ainsi que le partenaire social.
La rencontre, qui se voulait un cadre d’échange et d’information entre les différents partenaires du processus économique et social, se prévalait par son caractère régional après les séminaires d’Alger, d’Oran et de Constantine en attendant celles de Hassi Messaoud et de Béjaïa. Une option aussi orientée vers les sites économiques nationaux.
Il s’agit de cerner la problématique du processus de privatisation engagé en Algérie depuis 1990.
Les participants avaient à «contextualiser» le management des ressources humaines, évaluer l’impact de la privatisation et faire appel à un débat. «C’est l’individu qui est au centre de la réflexion», insiste la majorité des intervenants.
Les DRH doivent adopter des pratiques et des politiques de gestion des salariés susceptibles d’accompagner l’intégration au nouveau contexte des défis économiques pour les entreprises algériennes. Celles-ci doivent donc se préparer à une pression accrue de la concurrence en développant leur productivité afin de faire face aux investissements liés à l’utilisation des hautes technologies.
Les thèmes des débats ont constitué à l’occasion un état des lieux des pratiques RH en Algérie afin, diront certains, de «mesurer l’effort que devront développer les entreprises pour rendre cette fonction majeure et influente» à l’avenir.
Ghernaout Mohamed, expert financier et commissaire aux comptes, estime que le bilan de la privatisation en Algérie demeure désormais «maigre» avec 20% seulement d’entreprises privatisées parmi les 1 200 concernées et ce sont les domaines de l’agroalimentaire, du commerce et des matériaux de construction qui ont enregistré les résultats les plus notables, au vu de l’option de la «rentabilité immédiate» adoptée par les repreneurs, souligne-t-on.
Cependant, la remarque la plus significative au cours des interventions des spécialistes fait ressortir le blocage du système de privatisation. «On veut privatiser mais avec des schémas politiques des années 1970», relève-t-on. Aussi, les problèmes de pesanteur administrative, de marginalisation ainsi que celui inhérent aux origines des fonds n’ont pas manqué d’être relevés.
Ce constat «global» sur le processus du management et de l’emploi a été développé par le représentant de l’UGTA, en l’absence de Badreddine, le numéro deux de la Centrale syndicale.«En Algérie où la relance économique apparaît comme virtuelle, c’est plutôt le problème de perte d’emplois qui intervient», souligne Ahmine qui dresse à l’occasion un bilan des plus alarmants, «815 entreprises dissoutes et 405 000 emplois perdus» depuis l’engagement des réformes.
Selon lui, les effets de la privatisation occasionnés sur l’emploi relèvent d’abord du manque de transparence de l’opération où le partenaire social n’est pas impliqué, du manque d’engagement pour le maintien de l’emploi où dans certaines entreprises les cas de licenciement ont atteint les quelque 50%, et, enfin, de la qualité des repreneurs inscrite derrière la faillite des entreprises et de la perte de l’emploi.
«Dans certains cas, ce sont les négociateurs qui sont à la tête des entreprises privatisées», a-t-il lancé dans son allocution.
Certains experts, qui soulignent que le taux de croissance économique en Algérie varie entre 2 à 3% contrairement aux chiffres officiels de 5%, notent à l’occasion que l’économie durable ne peut reposer que sur les PMI/PME et que la politique de mise à niveau adoptée jusque-là par l’Etat «n’est pas assez claire» malgré les bonnes intentions des pouvoirs publics, argue-t-on.
Enfin, dans le même ordre d’idée, Beldjoudi, la représentante de la fondation Konrad a insisté sur le rôle de l’individu dans le changement économique du pays. «Ce sont les individus qui assurent la réussite des PMI/PME et participent à l’augmentation de l’employabilité», est-il souligné dans l’intervention de la représentante de la fondation allemande présente en Algérie depuis 2000 et qui inscrit son action de partenariat avec la société civile, les institutions de l’Etat et privées dans le cadre de l’approfondissement du dialogue politique, économique et social euro-méditerranéen.
Par Abdelhalim Benyelles - La Tribune, le 12 novembre 2006.
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