Veto américains : le bouclier d’Israël
Palestine - Même au fond de l’abîme, l’administration Bush sévit. Alors que le sang palestinien versé à Beit Hanoun est encore chaud et que la défaite républicaine est encore dans les esprits, les Etats-Unis n’ont pas hésité un seul instant à s’opposer à une condamnation internationale des opérations israéliennes.
La proposition de résolution faite par le représentant permanent du Qatar au Conseil de sécurité s’est heurté samedi soir au quatre-vingt-deuxième veto américain.
Malgré les dix votes favorables et les quatre abstentions, le texte n’a pu passer à New York.
C’est tête baissée que John Bolton a levé la main pour désapprouver une motion jugée trop déséquilibrée, selon ses propres termes. «Le projet comportait de nombreux passages biaisés contre Israël et inspirés par des motifs politiques», a affirmé hier l’ambassadeur américain à l’ONU.
Même la France, réputée proche des thèses israéliennes, a voté en faveur de ce texte.
Seuls le Royaume-Uni, la Slovaquie, le Japon et le Danemark n’ont pas participé au vote et ont préféré s’abstenir.
Et les raisons invoquées par les responsables politiques américains restent tristement les mêmes. Reprochant que le texte proposé par un groupe de pays arabes n’ait pas mentionné la responsabilité des groupes palestiniens, ils mettent l’accent sur l’aspect strictement partial, selon eux, de son contenu.
Après la main levée de John Bolton, les réactions n’ont pas tardé à pleuvoir aux quatre coins du monde. Et particulièrement dans les Etats arabes. Au Caire, c’est l’indignation à la Ligue arabe. «Ce veto ne fera qu’encourager les agressions israéliennes et accroître la colère vis-à-vis de la protection américaine des opérations israéliennes contre les civils palestiniens», a déclaré hier le secrétaire général de l’organisation panarabe, Amr Moussa.
C’est à cet effet qu’une réunion urgente des ministres des Affaires étrangères de ses 22 pays membres a eu lieu hier dans la capitale égyptienne.
En Palestine, l’indignation a vite cédé la place aux tractations pour la formation du prochain gouvernement d’union nationale.
Ismaïl Haniyé a même laissé dire qu’il pourrait céder sa place pour conforter le consensus inter-palestinien.
Après la victoire, le Hamas entre dans l’histoire par le sacrifice, mais politique cette fois-ci.
Par Mohamed Khaled Drareni - La Tribune, le 13 novembre 2006.
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