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S’extirper du chaos irakien, le dilemme de Washington

Attentats en IrakIrak - Après «la raclée» subie par les Républicains, pour reprendre l’expression du président Bush, le chaos irakien reprend ses droits avec ses tueries et autres attentats sanglants perpétrés au quotidien, compliquant davantage une éventuelle issue à la tragédie.

Hier, une cinquantaine d’Irakiens ont été tués dans une série d’attaques à Baghdad, après un attentat suicide contre un centre de recrutement de la police, qui s’est soldé par la mort de 35 recrues.

Deux kamikazes ont déclenché leur charge au milieu des recrues qui étaient rassemblées dans un centre de recrutement de la police dans le quartier d’Al Qadissyah à Baghdad. Les forces de sécurité irakiennes, cibles par excellence des insurgés qui combattent l’autorité d’un gouvernement considéré comme installé par l’occupation, donc illégitime, comptent environ 310 000 hommes.

Les Etats-Unis comptent augmenter leur nombre et accélérer leur formation afin de se décharger du poids sécuritaire de plus en plus insoutenable. Quatre autres Irakiens ont péri et dix ont été blessés, lorsqu’une voiture piégée et une bombe artisanale ont explosé simultanément, dans un quartier du centre de Baghdad. Sept autres personnes sont mortes dans des attaques à la bombe et à la voiture piégée, toujours dans la capitale.

Ainsi, malgré la présence de dizaines de milliers de policiers irakiens et de soldats américains qui patrouillent continuellement dans cette métropole de 6 millions d’habitants, les violences ont redoublé d’intensité. D’autres régions du pays ne sont pas en reste. Des hommes armés ont installé un faux poste de contrôle sur la route menant à la ville de Diwaniyah, et tendu une embuscade à des bus près de Latifiyah, tuant douze personnes et en enlevant des dizaines d’autres. La ville de Latifiyah se trouve dans le fameux triangle de la mort à 40 km au sud de Baghdad.

Ce triangle «coupe gorge» formé entre les villes de Latifiyah, Mahmoudiyah et Youssoufiyah, est une zone de grande turbulence en Irak, où de nombreuses attaques sont menées, contre notamment les chiites qui le traversent pour se rendre dans les villes de Nadjaf et de Karbala. Avec l’absence de perspective pour un retour à la stabilité en Irak, le président américain Bush est soumis à une forte pression pour modifier sa politique dans ce pays, après avoir lui-même admis que l’Irak avait fortement contribué à la déroute des Républicains aux élections.

Après la débâcle électorale, Bush n’a pas caché une possibilité de changer sa politique en Irak en qualifiant son nouveau secrétaire à la Défense, Robert Gates, un ancien directeur de la CIA, d’«agent du changement». Contraint justement au changement, le président américain s’est dit ouvert aux propositions des Démocrates et d’un groupe indépendant de personnalités, dont James Baker, qui travaillent actuellement à des options pour l’Irak et avec lesquelles il doit s’entretenir aujourd’hui à la Maison- Blanche. Trouver absolument une issue à l’enlisement en Irak. Tel paraît être l’objectif premier d’une administration US que les électeurs américains viennent de sanctionner pour «arrogance».

Par Moumene Belghoul - La Tribune, le 13 novembre 2006.

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