Les Italiens veulent une coopération accrue avec l’Algérie
Algérie - Douze partenaires de l'Algérie ont déjà signé des lettres d'intention pour bénéficier du gaz naturel algérien, à travers ce gazoduc. Cette demande en gaz dépasserait les dix milliards de m3 par an, selon des chiffres données lors d'une rencontre à ce sujet tenue en mars 2005à Milan.
Le Galsi est un gazoduc en projet. Il doit relier l’Algérie à l’Italie via la Sardaigne. Les autorités de la Sardaigne ont déjà exprimé leur souhait de le voir démarrer «le plus rapidement possible», notamment après la crise russo-ukrainienne de l’hiver dernier qui a perturbé l’approvisionnement en gaz de millions de foyers européens.
Tout comme le Medgaz, le Galsi intéresse les Européens.
Douze partenaires de l’Algérie ont déjà signé des lettres d’intention pour bénéficier du gaz naturel algérien, à travers ce gazoduc. Cette demande en gaz dépasserait les dix milliards de m3 par an, selon des chiffres données lors d’une rencontre à ce sujet tenue en mars 2005 à Milan.
L’Algérie et la Sardaigne sont déjà liées par un protocole d’accord de coopération dans les domaines de l’énergie et des mines signé en février 2005 à Alger. L’accord en question porte sur le projet de gazoduc Galsi et le développement de projets dans les domaines des mines et de l’énergie.
Le protocole prévoit également de développer la coopération dans les domaines des mines et des carrières, d’échanger des expériences et des expertises en matière de traitement des rejets des mines de zinc et de plomb et de renforcer les relations dans le domaine minier entre les institutions et entre les entrepreneurs privés des deux pays.
Les deux pays ont, en outre, prévu d’encourager les entreprises de Sardaigne à travailler sur des projets énergétiques en Algérie et de poursuivre les initiatives visant à faire aboutir d’autres projets bilatéraux tels que le projet de câble électrique et un câble à fibre optique. Le consortium Galsi est composé de sept compagnies pétrolières : Sonatrach détient trente-six pour cent des parts, Edison gas dix-huit pour cent, Wintershall (13,5 %), Enel Power (13,5 %), Eos Energia neuf pour cent, Sfirs Spa cinq pour cent et Progemisa cinq pour cent également.
Lors de sa dernière visite à Alger, le ministre italien pour le Développement économique, Pierluigi Bersani, avait parlé du Galsi. Il avait souligné que la réalisation du gazoduc Galsi connaîtra de nouveaux développements d’ici la fin de l’année, avec la signature d’un accord bilatéral entre les deux gouvernements. Il avait par ailleurs annoncé qu’une rencontre avec le gouvernement algérien aura lieu d’ici la fin de l’année pour signer l’accord en question et décider des délais techniques impartis à la réalisation du gazoduc sus-évoqué.
Le ministre italien avait par ailleurs estimé impérieuse la nécessité de cet ouvrage, réitérant le fort engagement du gouvernement italien pour réaliser ce projet qui constituera une plaque tournante dans le marché énergétique mondial.
Il avait aussi ajouté que l’Italie disposera de quatre ou cinq terminaux de regazéification.
Le GALSI s’inscrit dans ce cadre, en notant que «ce projet confirme notre volonté d’accélérer la concrétisation de cette collaboration». Le ministre italien avait en outre annoncé la tenue prochaine d’une rencontre à Rome entre les techniciens des deux pays «en vue de l’élaboration d’un accord intergouvernemental pour clarifier les questions de réglementation, de fiscalité administrative ainsi que les conditions du marché».
Les éléments fondamentaux de cette coopération doivent permettre, selon lui, à l’Italie, d’avoir des bénéfices en terme d’accès dans le secteur énergétique. Client traditionnel de l’Algérie, l’Italie veut ainsi une coopération accrue avec notre pays, notamment dans le domaine énergétique. Elle est l’un des pays qui plaident pour l’instauration d’un dialogue permanent et constructif entre pays producteurs et consommateurs de gaz.
C’est clair, les Italiens souhaitent passer un message simple et clair, celui de donner plus de consistance à la coopération et au partenariat dans le secteur de l’énergie. Mais comment s’y prendre, dans les faits. ? C’est en investissant «dans les infrastructures», expliquent les responsables italiens.
Les ambitions de la péninsule vont être revues à la hausse à la faveur de la visite à Alger de Romano Prodi, chef du gouvernement italien. Ce déplacement à Alger donne ainsi au bilatéral un caractère stratégique.
R. Prodi discutera avec ses homologues algériens d’économie mais aussi de politique. Il va certainement aborder la question pendante à ce jour du regazéificateur de Brindisi, une problématique discutée récemment avec les Britanniques. Elle l’a été entre le président du Conseil, Romano Prodi, et le Premier Ministre britannique Tony Blair. Ce dernier, préoccupé par les veto contre le regazéificateur, aurait fait part à son interlocuteur des difficultés objectives de la British Gaz, le rassurant toutefois de la nécessité et de l’utilité de poursuivre le projet déjà entamé.
Malgré les résistances des autorités locales, Prodi a réaffirmé que son gouvernement maintiendra la pression afin de débloquer le chantier. L’Algérie, l’Angola, l’Egypte, le Nigeria et le Kazakhstan sont pour le groupe énergétique italien ENI.
Ces pays sont parmi ceux qui, à un niveau mondial, estiment élevé le potentiel de croissance pétrolière. Une fois mis en service le Galsi (probablement en 2009), l’Italie verra ses capacités d’approvisionnement en gaz naturel algérien considérablement augmenter.
Par Youcef Salami - La Tribune, le 13 novembre 2006.
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