Algérie : Sonatrach, le syndicat souffle le chaud et le froid
Algérie - Jour après jour, la tension monte à Sonatrach. La compagnie nationale des hydrocarbures fait face à une montée en puissance de la revendication salariale. De Hassi R’mel à Arzew, les travailleurs syndicalistes tendent l’oreille à Alger.
Le syndicat national négocie depuis quelques jours une augmentation générale des salaires d’au moins 25%. Au même moment, sur les bases pétrolières, la tension et la pression montent.
Hier, les syndicalistes de l’activité Aval ont observé un sit-in d’une heure à Arzew. Avant-hier, à Hassi R’mel, les travailleurs ont boycotté le transport de l’entreprise pour une marche improvisée, en signe de protestation contre les propositions de la direction générale de Sonatrach d’augmenter les salaires de 12%.
Hier, sur le même site, les travailleurs et syndicalistes ont tenu une assemblée générale. Objectif: se préparer à un éventuel échec des négociations entre le syndicat national et la direction générale de la Sonatrach. « Nous allons écouter les travailleurs et nous demandons la réunion du conseil national pour décider sur la suite à donner à notre mouvement », explique M. Aricha, membre du conseil syndical de Hassi R’mel.
A Arzew, c’est la même effervescence. La coordination syndicale Aval et LQS annonce la tenue d’assemblées générales des travailleurs dans toutes les unités Aval du 18 au 22 novembre, avec le même objectif d’informer et de mobiliser les travailleurs.
Le syndicat de Sonatrach montre ses muscles et enclenche la procédure qui pourrait mener droit vers la grève générale.
Mais, la compagnie nationale des hydrocarbures n’est pas encore sous la menace directe d’un large mouvement de protestation. Le secrétaire général du syndicat national, M. Lamouri, reste prudent. « Il faut être optimiste. Nous sommes en train de rapprocher nos points de vue avec la direction générale sur la question des salaires. Nos positions convergent. Nous allons arriver à un accord aujourd’hui ou demain », explique-t-il dans un entretien téléphonique.
Avant-hier, le syndicat national a rencontré de hauts responsables de l’entreprise.
Une autre rencontre est prévue aujourd’hui entre les deux parties. Selon le syndicat, la direction de Sonatrach avance trois arguments pour justifier son refus d’accepter ses revendications salariales: la signature d’un accord entre le groupe Sonatrach et la Fédération sur une augmentation de 8 à 12%, le nombre de travailleurs de Sonatrach et la préparation d’un nouveau système des salaires. « Ces arguments ne sont pas convaincants. Nous voulons des augmentations de salaires et la politique salariale de l’entreprise est un autre problème », explique M. Lamouri.
Par Hamid Guemache - Quotidien d'Oran, le 14 novembre 2006.
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