Algérie : Romano Prodi aujourd’hui à Alger
Algérie - Romano Prodi, président du Conseil italien et ancien président de la Commission européenne, sera aujourd’hui à Alger pour une visite de 24 heures consacrée essentiellement au développement de la coopération entre les deux pays, notamment en matière d’énergie. Prodi rencontrera, dans l’après-midi, le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem et s’entretiendra, demain, avec le président Abdelaziz Bouteflika.
Au menu de cette visite figure également la conclusion d’un «mémorandum d’entente» prévoyant un mécanisme financier d’aide italienne au développement des petites et moyennes entreprises (PME) en Algérie.
La préparation de la visite de Romano Prodi a été entamée le 31 octobre dernier par le secrétaire d’Etat italien au commerce, Mauro Agostini, qui a effectué un séjour de 24 heures à Alger. Agostini avait alors annoncé la signature d’un mémorandum d’entente sur le secteur des petites et moyennes entreprises (PME) entre l’Algérie et l’Italie.
Dans ce cadre, un groupe de travail mixte avait été constitué, dans la même journée, pour définir les dispositions de ce document. L’objectif de ce mémorandum, selon le secrétaire d’Etat italien au commerce, est d’aider à la création d’un tissu de PME en Algérie, en particulier à travers la signature prochaine d’un accord de cofinancement des projets par la Société financière italienne de développement (SIMEST).
Les détails de ce cofinancement ont été examinés entre la délégation italienne et le ministère algérien des Finances.
Agostino avait déclaré que la délégation italienne s’était rapprochée du gouvernement algérien pour lui présenter l’expérience italienne dans le domaine de la PME et mettre à sa disposition une collaboration de cofinancement à travers la SIMEST, qui est contrôlée par le gouvernement italien et regroupe les plus grandes banques d’Italie.
Le même responsable a fait remarquer qu’il existait «beaucoup de projets d’investissement italien dans les infrastructures en Algérie mais pas assez dans les PME» et s’est dit «convaincu» de l’existence en Algérie de «grandes possibilités de développement des PME algériennes».
Pour sa part, le directeur exécutif de la SIMEST, Massimo D’Aiuto, a souligné le «fort intérêt» qu’expriment les entreprises italiennes pour le développement du secteur algérien de la PME, avant de souhaiter que «les institutions algériennes soutiennent les opérateurs italiens en vue de faciliter la réalisation des projets».
Au nombre des secteurs dans lesquels les entreprises italiennes désirent investir, M. D’Aiuto a cité la mécanique, l’agro-industrie, l’environnement, les travaux publics, la logistique, la confection et l’habillement, le transport maritime et la gestion des ports.
La visite de Prodi «est la démonstration la plus évidente de l’affirmation par le gouvernement italien du caractère stratégique de la relation qui lie l’Italie à l’Algérie», avait affirmé Agostini, le 31 octobre dernier. Sur le plan énergétique, l’Italie, qui importe 98% de ses besoins en gaz, et l’Algérie veulent accélérer la réalisation du gazoduc sous-marin «Galsi» devant relier vers 2009 l’Algérie à la Sardaigne.
«J’espère que les travaux de construction de Galsi commenceront l’année prochaine», a déclaré l’ambassadeur d’Italie en Algérie Giovanni Batista à l’AFP. Une délégation algérienne doit se rendre à Rome avant la fin de l’année pour discuter des modalités de réalisation de cet ouvrage long de 940 kilomètres avec une capacité de transport de 8 milliards de m3/an.
Les exportations algériennes vers l’Italie sont constituées essentiellement d’hydrocarbures, notamment de gaz. Cette délégation doit également discuter de la possibilité pour Sonatrach de prendre des parts dans des projets de terminaux de regazéification, comme elle le fait déjà en Grande-Bretagne et en Espagne. Par ailleurs, la question de l’immigration clandestine vers l’Espagne et l’Italie à partir des côtes du sud de la Méditerranée sera aussi évoquée lors de la visite de Prodi à Alger.
L’Algérie et l’Italie sont liées par un accord de réadmission des clandestins, ratifié récemment par le Parlement.
D’autre part, Prodi assistera à un forum des opérateurs italiens en Algérie et inaugurera à El-Anasser la nouvelle école de la communauté italienne, entièrement financée par cette dernière. L’italien est étudié de façon facultative dans sept lycées algériens et enseigné dans les universités de Blida, Alger, Constantine et Annaba.
Les investissements directs italiens en Algérie s’élèvent en 2006 à six milliards de dollars, selon les statistiques italiennes. Ils ont doublé en 2005-2006 par rapport à la période précédente. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint près de 7,6 milliards de dollars durant les neuf premiers mois de l’année, à l’avantage de l’Algérie qui a exporté pour 6,2 milliards de dollars, selon des chiffres des douanes algériennes. Pour rééquilibrer ces échanges, en progression, l’Italie veut participer au processus de privatisation en cours en Algérie au «cas par cas», indique l’AFP citant une source économique.
Par M. Mazari - Quotidien d'Oran, le 14 novembre 2006.
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