«Le climat des affaires en Algérie est préoccupant»
Algérie - La Confédération des cadres de la finances et de la comptabilité (CCFC) a lancé, hier, un ultimatum de 15 jours au ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication et à la DG d’Algérie-Poste pour «mettre un terme à l’injustice et aux attaques menées contre les membres de la fédération des chefs d’établissements d’Algérie-Poste, affiliés à la CCFC».
La Confédération a adressé, en effet, de sévères critiques à l’administration de l’EPIC Algérie-Poste qui aurait démis, arbitrairement, de leurs fonctions les membres du bureau de la fédération. La DG aurait a même recouru, selon la CCFC, «à confectionner un mouvement général» et ce, dans la seule intention de faire muter les adhérents de la Confédération à d’autres postes alors que les autres adhérents de la fédération des travailleurs affiliés à l’UGTA ont été totalement épargnés par ce mouvement ‘général’».
Aussi la CCFC n’est pas allée par quatre chemins pour réclamer l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la gestion des oeuvres sociales d’Algérie-Poste par la fédération affiliée à l’UGTA.
«Cette fédération, sans légitimité, n’a pas lieu d’être car le secteur des télécommunications a été restructuré suite à la création de trois sociétés... De ce fait l’organisation syndicale doit être restructurée par la création de nouveaux syndicats», précise, dans un communiqué, la CCFC.
Abordant la situation économique et financière du pays, elle a regretté l’absence «de politiques claires en matière de gestion du dossier des privatisations des entreprises publiques». Elle a également déploré les dernières déclarations «contradictoires» des membres du gouvernement «qui ne vont qu’alimenter le scepticisme quant à une gestion transparente de la privatisation».
La CCFC conseille les pouvoirs publics de céder ces entreprises publiques au profit «d’honnêtes entrepreneurs algériens ayant prouvé leur compétence et leur entière disponibilité à investir dans le pays». A ce titre, elle a mis en garde contre la cession des biens publics à des personnes «qui se sont enrichies grâce aux importations douteuses et sur le dos des banques publiques».
Toujours, dans ce contexte, la même organisation a déconseillé la cession des entreprises stratégiques aux étrangers qui n’apporteront rien au pays mais peuvent, par contre, «menacer sérieusement notre sécurité nationale». Pour justifier sa prise de position, la CCFC a affirmé que l’ouverture du secteur des télécommunications au privé n’était qu’une affaire de business et le pays n’a rien bénéficié sur le plan du transfert de technologie.
«Le climat des affaires en Algérie est préoccupant. La corruption bloque toute possibilité de réforme et de redressement de l’économie algérienne», a-t-elle déploré. La CCFC a, par ailleurs, dénoncé sa mise à l’écart par les pouvoirs publics lors de la préparation des lois de finances.
«Les scandales successifs dans le secteur bancaire sont dus à la nomination de responsables incompétents, acquis à la culture de clans», lance, dans son communiqué, la Confédération. Et de conclure: «Il ne peut y avoir de climat serein entre le département des finances et la CCFC, tant que des hommes incompétents soient à la tête de structures névralgiques, elle continuera à les combattre...».
Par Sofiane M. - Quotidien d'Oran, le 14 novembre 2006.
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